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Qu'est-ce que l'intersectionnalité ?

 

Du 29 août au 2 septembre 2012 a eu lieu, à Lausanne, le 6éme congrès d’études féministes. Celui-ci était consacré à l’imbrication des rapports de pouvoir : sexe, race, classe et sexualités. Le choix de cette thématique est le reflet du dynamisme de ce type d’approches issues des milieux féministes.

Dans les années 1970, aux Etats-Unis, des militantes noires américaines lesbiennes sont confrontées aux difficultés concrètes en particulier en termes de priorités de lutte que posent pour elles le fait de militer avec les féministes blanches ou avec les militants noir des blacks panthers. Les féministes blanches sont peu sensibles aux spécificités des oppressions que subissent les femmes noires. Les femmes héterosexuelles ont honte des lesbiennes dans leurs rangs, essaient d’invisibiliser leur présence et ne prennent pas en compte les revendications de ces dernières.

Du côté des organisations de politiques noires, les militantes afro-américaines sont confrontées au machisme. Un collectif de lesbiennes noires, le Combahee river (1964-1980), soulève ces questions et affirme la nécessité de penser l’imbrication des oppressions sexistes, racistes et classistes sans les hiérarchiser. L’approche en termes d’imbrication constitue donc une dimension constitutif du Black feminism.

Du Black feminism à l’intersectionnalité

En 1991, une juriste et universitaire américaine, Kimberlé Crenshaw, forge le terme d’intersectionnalité. Cette notion s’oppose aux approches additionnelles des oppressions. L’enjeu de l’approche mise en avant par Kimberlé Crenshaw est avant tout juridique : elle vise à justifier la mise en place d’aides spécifiques à des catégories sociales opprimées. De fait, dans le cadre des sociétés étasuniennes et canadiennes, l’approche intersectionnelle est devenue une dimension importante des politiques publiques d’affirmative action à destination des minorités discriminées. De fait, certaines dénoncent qu’à travers la notion d’intersectionnalité, s’effectue une institutionnalisation de problématiques que le Black feminism avait abordé sous un angle plus clairement militant.

La notion d’intersectionnalité connait depuis un succès théorique international donnant lieu à de multiples recherches. Néanmoins, cette notion est également l’objet d’un certain nombre de débats théoriques. Elle semble en effet se rattacher à une approche postmoderne des rapports de domination. Tout d’abord, elle parait conduire à un émiettement des sujets politiques.

Articulation des rapports sociaux

Chaque situation sociale constitue une expérience vécue incommensurable avec celle d’autres groupes sociaux. Par exemple, les femmes noires ne peuvent s’allier que de manière problèmatique avec les femmes blanches puisque leur situation d’oppression n’est pas la même. En outre, bien que la spécificité de l’oppression intersectionnelle de chaque groupe soit construite par sa situation sociale, la reconnaissance de cette spécificité devient un enjeu majeur.

Par conséquent, la finalité de la lutte semble se situer au niveau d’une reconnaissance morale qui risque de conduire à une réification, à une naturalisation apparente, des identités. Ainsi, la notion de « classe sociale » peut apparaître dans le contexte des théorisations nord américaines, qui mettent en avant les effets de domination par le langage, davantage comme une catégorie linguistique que comme une situation matérielle objective.

Parallèlement et de manière indépendante, s’est développée en France une autre approche à partir du travail de la sociologue Danièle Kergoat. Cette dernière a situé sa théorisation dans la filiation du marxisme et du féminisme matérialiste. Elle ne part pas des dimensions culturelles de l’oppression, mais de la division du travail. L’analyse se centre alors sur les rapports sociaux qui à partir d’une exploitation économique du travail construisent deux groupes sociaux comme hiérarchisés. Les rapports sociaux qui ont une dimension d’oppression, sous la forme de violences, et de domination politique, ont donc une base économique matérielle.

Néanmoins, ces rapports sociaux ne sont pas uniquement capitalistes, mais également par exemple des rapports sociaux de sexe qui divisent la société en deux classes de sexe. Ces différents rapports sociaux ne sont pas hierarchisés entre eux mais se coconstruisent. Ils sont consubstantiels les uns aux autres.

Par l’exemple dans l’exploitation que subit une femme de ménage immigrés, les rapports de classe, de sexe et de race sont mêlés de manière inextricable. Les rapports sociaux sont en outre coextensifs. Cela se traduit par exemple dans la place que les femmes occupent dans les rapports sociaux domestiques. Ainsi le fait qu’elles s’occupent des enfants plus que les hommes, a des conséquences sur les inégalités salariales que subissent les femmes. Une femme qui prend un temps partiel pour s’occuper des enfants a un déroulement de carrière ralentis par rapport à un homme dont la disponibilité au travail repose sur l’implication de son épouse dans les tâches domestiques.

Pluralité des oppressions

Une question se pose néanmoins concernant les différents rapports de pouvoir imbriqués : quels sont-ils et sont-ils illimités ? Ainsi certaines analyses ajoutent au triptyque sexe, race et classe, la sexualité, la religion ou encore l’âge.

L’approche matérialiste en termes de rapports sociaux a un autre avantage théorique, c’est qu’elle permet de fixer un critère clair sans pour autant décider de manière a priori et transhistorique quels sont ces rapports de pouvoir. En effet, il n’y a de rapports sociaux que lorsqu’il y a une division du travail et une exploitation économique. Ainsi, l’héteronormativité n’est pas un rapport social, mais une dimension des rapports sociaux de sexe. Il y a un rapport d’exploitation entre hommes et femmes, mais pas entre homosexuels et héterosexuels.

Il est possible de constater que les analyses anarchistes permettent d’enrichir la théorie de la coconstruction des rapports sociaux. En effet, l’État n’est pas considéré par les théoriciens classiques de l’anarchisme comme une simple superstructure. Il est un véritable rapport social économique reposant sur une division du travail entre gouvernés et gouvernants avec la constitution d’une classe politique professionnelle.

L’État possède sa propre base économique matérielle à travers à la fois les entreprises publics et le recours à l’impôt. De même, la critique de la division verticale du travail, entre par exemple travailleurs manuels et intellectuels, puis ensuite après la seconde guerre mondiale, avec la critique de la technobureaucratie, permettent aux analyses anarchistes de mettre en avant l’existence de rapports sociaux qui ne sont pas seulement liés à l’inégalité dans la propriété privée des moyens de production, mais également dans l’organisation technique du travail.

Irène

Pour aller plus loin :

  • Elsa Dorlin, Black Feminism Revolution ! La Révolution du féminisme Noir, L’harmattan, 2007
  • Danièle Kergoat, Se battre disent-elles, La dispute, 2012
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Qu'est-ce que le genre ?

La notion sociologique de « genre » émerge progressivement dans les années 1970, en particulier dans les travaux de la sociologue britannique Ann Oakley. Ce terme avait déjà été utilisé dès les années 1950 par un sexologue qui s’intéressait au cas des enfants intersexes. La notion de genre désigne à partir de là l’écart entre le sexe biologique et le rôle social féminin ou masculin.

 

Le terme «  genre  » prend une place de plus en plus déterminante dans les « women studies » (études sur les femmes). Avec la constitution de la théorie queer, en particulier par Judith Butler, la notion de genre déborde le cadre des études sur les femmes. Les gender studies portent sur la construction sociale des rôles féminin et masculin non seulement dans les relations entre hommes et femmes, mais également par exemple dans les milieux lesbien, gay, transexuel et intersexe (LGBTI). Les études de genre acquièrent une place académique outre-Atlantique sous l’effet d’une prise en compte de l’histoire et de la vie des minorités. Il s’agit de remettre en question une vision des savoirs académiques centrée uniquement sur le point de vue majoritaire des dominants. C’est sous l’effet du modèle américain que la notion de genre et les études de genre gagnent une légitimité en France en sociologie ou en philosophie par exemple.

 

En réalité, le mouvement intellectuel entre les États-Unis et la France est plus complexe. En effet, c’est chez des intellectuel-le-s français homosexuels tels que Monique Wittig et Michel Foucault que Judith Butler puise une partie de ses références. En outre, la réception des gender studies s’effectue en France dans un contexte où il existe des études féministes qui s’étaient développées à partir des années 1970.

 

Cependant, la notion de genre est ambiguë car son sens varie en fonction des auteures. En effet, elle peut renvoyer chez certaines à une construction sociale uniquement d’ordre normative et culturelle. C’est le cas dans les théories queer. Néanmoins, la notion de genre est reprise chez les auteures féministes matérialistes comme Christine Delphy en devenant synonyme de rapports sociaux de sexe. Le genre n’est pas alors uniquement une construction culturelle, mais il trouve sa base dans des rapports sociaux économiques. La notion de genre peut certes être utilisée par opposition au sexe. Mais certaines auteures considèrent que la distinction entre sexe et genre est discutable. Les divisions sexuelles sont alors considérées non pas comme des catégories réelles qui existeraient dans la nature, mais comme socialement construites. La notion de genre rejoint alors celle de «  sexe social  » présente chez les auteures féministes matérialistes.

 

Pour aller plus loin : Pfefferkorn Roland, Genre et rapports sociaux de sexe, Editions Page 2, 2012.

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La notion de privilège social

 

La notion de privilège social, en particulier de privilège masculin et blanc, a été théorisée par Peggy MC Intoch dans un texte de 1988.

 

Définition

 

La notion de privilège social désigne un effet systémique par lequel un individu à accès plus facilement à des ressources que d’autres individus qui eux ne sont pas privilégiés.

 

Ce qui est caractéristique d’un privilège c’est qu’il ne s’agit pas d’une situation nécessairement intentionnelle. La personne qui bénéficie d’un privilège n’en a pas nécessairement conscience. C’est un effet de système. Par exemple, un homme pro-féministe qui se présente à un emploi possède un privilège social en général par rapport aux femmes qui se présentent sur le même emploi.

 

Une autre dimension de la notion de privilège social, c’est qu’elle n’est pas seulement économique. Il existe des privilèges sociaux liés: au sexe, au genre et à la sexualité, à la situation de validité et de santé mentale, à l’origine ethno-raciale… Cela signifie qu’une personne peut être en situation privilégiée sur un plan et être en situation non-privilégiée sur un autre plan. Ce qui fait que la notion de privilège est souvent couplée avec celle d’intersectionnalité: cela permet d’avoir une analyse croisée des oppressions.

 

L’organisation d’un système de privilège conduit à une situation d’oppression sociale. L’oppression se distingue de la discrimination. La notion d’oppression positionne la théorie du privilège dans l’ordre de la théorie politique et pas seulement de la sociologie. L’oppression indique l’existence d’opprimés et d’oppresseurs. Les opprimés se trouvant dans la situation d’avoir à se libérer des oppressions qu’ils subissent.

 

La notion de privilège en pédagogie critique

 

La notion de privilège social est mobilisée par les pédagogues critiques. En effet, un privilège n’est pas forcément conscient.

 

Mais alors que Paulo Freire avait centré sa pédagogie sur la conscientisation des opprimés, la pédagogie critique lorsqu’elle mobilise la notion de privilège, c’est en particulier afin de faire prendre conscience à chacun de ses privilèges sociaux par rapport à d’autres groupes.

 

La conscientisation joue alors le rôle pédagogique et politique de faire prendre conscience de ses privilèges afin de faire en sorte que les personnes socialement privilégiés concernant cette oppression puissent devenir des alliés.

 

Néanmoins, la simple conscientisation ne suffit pas. Car les privilèges sont l’effet d’un système social. C’est pourquoi la pédagogie critique est un processus de réflexion-action. C’est à dire que la prise de conscience a pour fonction de créer des solidarités dans l’action qui sont tournées vers la transformation de la société.

Ressources:

 

Texte de Peggy Mc Intoch traduit en français sur la notion de privilège social:

http://www.millebabords.org/spip.php?article8087

 

Checker ses privilèges: https://www.buzzfeed.com/jenniferpadjemi/a-quel-point-etes-vous-privilegie-e?utm_term=.dlvgXwOpb#.ew3gm8W6B

 

La notion de privilège en pédagogie critique:

https://iresmo.jimdo.com/2016/11/20/la-notion-de-privil%C3%A8ge-dans-la-p%C3%A9dagogie-critique/

 

Une video qui aborde la notion de privilège et la notion d’intersectionnalité:

https://www.youtube.com/watch?v=Qr_HhuR8bK0&t=454s

 

 

Video sur le test dit de la ligne de privilège: https://www.youtube.com/watch?v=hD5f8GuNuGQ&t=5s

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Activité: Les différents niveaux d'oppression

Le tableau ci-dessous résume la question des différents niveaux d'oppression:

 

- Les privilèges ou les oppressions peuvent s'exprimer dans les relations interindividuelles.

 

- Les individus peuvent être conscients ou inconscients des oppressions et des privilèges qui s'expriment dans leurs relations.

 

- S'ils n'ont pas nécessairement conscience de ces relations de pouvoir, c'est que celles-ci peuvent être conditionnées par des réalités sociales plus larges.

 

- Cela peut être du à des dimensions institutionnelles: les lois et règlement, les organisations des administrations ou des entreprises par exemple.

 

- Cela peut se situer plus largement encore à un niveau culturel: ce sont les mentalités, les normes, les représentations....

 

- Cela peut prendre enfin sa source dans les inégalités sociales économiques.

 

- On appelle approche "matérialiste" des rapports sociaux, l'approche qui consiste à penser que le niveau économique est en réalité le plus fondamental pour comprendre le fonctionnement des niveaux: culturels, institutionnels et interindividuels...  

 

Demander aux participants de trouver pour chaque case des exemples qui illustrent ces différents niveaux: 

 

 

Catégories

Interindividuel

Institutionnel (organisation, lois..)

Social

(niveau culturel : normes sociales...)

Social

(niveau économique)

Identité ethno-racial

 

 

 

 

Sexe

 

 

 

 

Genre

 

 

 

 

Orientation sexuelle

 

 

 

 

Classe sociale

 

 

 

 

Handicap

 

 

 

 

Religion

 

 

 

 

Age

 

 

 

 

Autres ?

 

 

 

 

 

 

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Activité: Droits environnementaux et souffrance animale

1. Demander aux participants d'essayer de préciser les différences entre les concepts suivants:

 

- Décroissance et développement durable

 

- Lutte contre la souffrance animale et lutte contre l'exploitation animale. 

 

- Véganisme et végétarianisme

 

2. Discussions:

 

- La nature peut-elle avoir des droits ?

 

- Dois-je respecter les êtres vivants comme je respecte les êtres humains ?

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Activité: Les stéréotypes dans les médias

Pour cette activité, il est possible en particulier d'utiliser des supports publicitaires papiers et/ou videos.

 

Il s'agit de demander aux participant-e-s d'analyser les images et les videos en étudiant la manière dont ces supports peuvent véhiculer des stéréotypes de sexe, de race ou de classe. Ou encore la manière dont ces supports peuvent invisibiliser certains groupes sociaux ou encore ne s'adresser qu'à des groupes sociaux particuliers socialement privilégiés. 

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Activité: Handicap et accèssibilité

Cette activité vise à faire prendre conscience de la dimension sociale qu'inclut la situation de handicap qui n'est pas qu'une question médicale.

 

1. Demander aux participant-e-s de choisir une activité qu'ils réalisent fréquemment. Demandez leur de décrire par écrit chacune des étapes qu'ils doivent accomplir pour réaliser cette activité.

 

2. Demandez  leurs de choisir un handicap spécifique. Si un ou plusieurs participants sont porteurs d'un handicap, ils doivent en choisir un autre pour pouvoir effectuer la suite de l'activité. 

 

3. Demandez leur de réfléchir aux aménagements qu'il serait nécessaire de mettre en place s'ils voudraient pouvoir réaliser cette activité.

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Activité: Inverser les normes

L'objectif de cette activité est de faire prendre conscience de la norme de l'hétérosexualité et des privilèges qu'elle entraîne.

 

1. On demande aux participants d'écrire une histoire comme si c'était l'homosexualité qui était la norme sociale et l'hétérosexualité qui était considérée comme "anormale".

 

2. Discussion: Les homosexuels doivent-ils avoir pour objectif de s'intégrer à la société ou de la transformer ? 

 

- Sur l'inversion des normes: 

 

Voir l'exemple réalisé dans cette vidéo:

La mauvaise conduite (http://www.dailymotion.com/video/x4hinz_mauvaise-conduite_shortfilms)

 

Le même principe existe sur le sexisme, comme dans cette vidéo:

Majorité opprimée (https://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I )

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Activité: Droits civils, droits politiques, droits sociaux

1. Demander aux participants de faire un tableau et de classer dedans les droits civils, politiques et sociaux. Selon le niveau des participants vous pouvez ou non fournir la liste des droits.

 

- Droits civils:

 

- Droits politiques:

 

- Droits sociaux: 

 

- Enjeux philosophiques: 

 

2. Discussion: Les citoyens ont-ils le droit de désobéir à une loi injuste ?

 

3. Discussion: Peut-on sacrifier la liberté à l'égalité ?

 

4. Discussion: Doit-on restreindre les libertés pour garantir la sécurité ? 

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Activité: Libertés fondamentales et tolérance religieuse

Demander aux participant-e-s de rechercher de lister les textes qu'ils/elles connaissent et de résumer leur contenu concernant:

- les libertés personnelles que doivent respecter les Etats et les croyants 

- la tolérance religieuse

 

Références: Déclarations des droits humains, Loi de 1905...

 

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Activités d'empowerment

Voici quelques activité d'empowerment qui peuvent être menées afin de renforcer chez les participant-e-s leur capacité à pouvoir agir sur leur situation sociale:

 

1. Les contre-narrations: Il s'agit d'activité d'écriture ou audio-visuelle par laquelle un individu ou un groupe d'individu donne de lui une image contre-stéréotypé qui lui semble d'avantage correspondre à la réalité que ce que véhiculent à son égard les stéréotypes sociaux ou les médias.

 

2. Le théâtre forum: Il s'agit d'une activité dans laquelle les participant-e-s sont invité-e-s à jouer une situation d'oppression. Les spectateurs peuvent alors intervenir pour tenter de trouver des stratégies permettant à la personne opprimée de résister à la situation d'oppression. 

 

3. L'éducation aux droits humains: L'étude par les personnes opprimées de leurs droits et des moyens de les faire respecter peut être une aide. (Connaissance des textes, des voies de recours, des associations d'aide...)

 

4. L'étude des luttes sociales menées par les groupes sociaux opprimés pour se résister et se libérer des situations d'injustice sociales (exemple: mouvements syndicaux, anti-racistes, féministes, LGBTI*...)

 

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Activité : La structure sociale de la France

L'activité consiste à demander aux participants de dessiner la structure sociale générale de la France. On peut leur demander une représentation sous forme par exemple d'histogramme.

 

On peut leur demander ainsi de préciser la structure de la population active:

- le pourcentage d'ouvriers

- le pourcentage d'employés

- le pourcentage de professions intermédiaires

- le pourcentage de Cadre et professions intellectuelles supérieures.

  

La précision des questions peut être adapté selon l'âge des participants et leur niveau d'étude. On peut choisir de mettre en avant d'autres indicateurs comme la concentration du patrimoine.

 

Sur la structure sociale des emplois:

- Schéma de Louis Chauvel ( Voir: article complet )

 

Il est possible également d'adapter cette activité pour travailler sur la répartition inégalitaire des richesses dans le monde.  

 

- Schema de la concentration des richesses dans le monde

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Activité: Trajectoires sociales

Demander aux participants de retracer les trajectoires sociales de ces personnes en précisant les obstacles qu'ils peuvent être conduits à rencontrer ou les privilèges sociaux dont ils peuvent bénéficient :

 

1. Un garçon d'origine française issue de classe populaire.

 

2. Une fille d'origine française issue de classe populaire

 

3. Un garçon issue de l'immigration africaine de classe populaire

 

4. Une fille issue de l'immigration africaine de classe populaire

 

5. Un garçon d'origine française issue de classe moyenne supérieure. 

 

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Activité: L'arbre de vie

1. Cette activité invite les participants à prendre conscience de la diversité des origines migratoires qui composent la sociétés des pays du nord et les liens entre immigration et classe sociale, et d'aborder les notions de mobilité et de reproduction sociale.

 

Les participants sont invités à reconstituer leur arbre généalogique sur trois générations: grands-parents, parents, enfants.

 

- Ont-ils émigrés ? Dans ce cas d'où venaient-ils et où sont-ils allés ? Quelle était leur activité ? Pour quelles raison ont-ils quittés leur pays ?

 

- Comment sont-ils venus en France ? Quels emplois ont-ils occupés ? 

 

Mise en perspectives: données statistiques sur l'immigration en France:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Donn%C3%A9es_statistiques_sur_l%27immigration_en_France

 

2. Discussion: Faut-il respecter toutes les coutumes ? 

 

(Objectif: réfléchir aux notions de relativisme culturel et d'universalisme)

 

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Activité: Les journées d'une femme et d'un homme

 

Cette activité consiste à ce que les hommes ou les femmes décrivent dans un emploi du temps leur journée type ou leur semaine.

 

Cette activité est particulièrement bien adaptée pour des femmes ou des hommes vivant en couple avec des enfants.

 

Avec des personnes plus jeunes, il est possible de leur demander de décrire leur journée ou la journée type de leurs parents.

 

- Temps passé à travailler

 

- Temps passé à faire les tâches ménagères

 

- Temps passé à s'occuper des enfants, à faire faire les devoirs

 

- Temps pour des activité de loisirs.

 

Une fois l'activité terminée, il est possible de proposer une comparaison avec des tableaux tirés des statistiques nationales:

http://www.inegalites.fr/spip.php?article245&id_mot=102

 

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La matrice des oppressions

 

 

(Inspiré de Readings for Diversity)

 

Cette activité consiste à proposer à partir d'un premier tableau à proposer à chaque participant de remplir un second tableau dans lequel il se situe.

 

Voici un tableau qui synthétise les différentes oppressions :

 

(vous pouvez vous aider du lexique suivant pour mieux comprendre les notions.

 

 

 

Catégories

Groupes sociaux privilégiés

Groupes sociaux frontière

Groupes sociaux discriminés

Désignation

Identité ethno-raciale

Français d'origine de phénotype blanc (ou Europe du nord-ouest)

Racisés ayant un « passing blanc »/ Immigrés des pays du sud de de l'Est de l'Europe

Racisés : Noirs/Roms/ « Arabes »/ Asiatiques/

Racisme

Sexe

Homme biologique

Transexuel/ Personnes intersexes

Cisexuel

Sexisme

Genre

Cisgenre

Androgyne

Transgenre, genderqueer, intersexe

Transphobie

Orientation sexuelle

Hétérosexuels

Bisexuel

Lesbienne et gay

Héterosexisme

Classe sociale

Riches, Classes supérieures

Classe moyenne

Classes populaires, pauvres

Classisme

Handicap physique ou psychique

Valides

Handicap limité dans le temps

Personne avec un handicap permanent

Handiphobie

Religion

Chrétiens

Athée/Agnostique

Juifs/ Musulmans

Intolérance religieuse

Age

Adultes

Adolescents

Personnes âgées, enfants

Adultisme

 

Tableau à compléter :

 

Catégories

Mon identité sociale

Statut social de cette identité

Exemples

Intersections, Commentaires

Identité ethno-raciale

 

 

 

 

Sexe

 

 

 

 

Genre

 

 

 

 

Orientation sexuelle

 

 

 

 

Classe sociale

 

 

 

 

Handicap physique ou psychique

 

 

 

 

Religion

 

 

 

 

Age

 

 

 

 

Autre ?

 

 

 

 

 

 

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Activités de conscientisation des oppressions

Un module de formation à partir d'activités sur les privilèges et les oppressions sociales. Il permet de se former en ligne ou d'organiser des formations en présentiel à partir des activités qui sont proposées (cliquer sur les liens pour accéder aux différentes activités*): 

 

(Certaines propositions d'activités sont  des adaptations libres de l'ouvrage: 

Readings for Diversity and Social Change, Routledge, 2010)

 

I- Introduction aux notions de privilèges et d'oppressions sociales: 

 

1. Les boulettes de papier (objectif: comprendre la notion de privilège)

 

2. Checker ses privilèges (objectif: prendre conscience de ses privilèges sociaux)

 

3. La matrice des oppressions 

(objectif: acquérir le vocabulaire concernant les différentes oppressions sociales)

 

4. Les différents niveaux des oppressions (objectif: prendre conscience de la différence entre dimensions interindividuelles et sociales, prendre conscience des différences entre dimension institutionnelle, culturelle et économique)

 

Vocabulaire: Qu'est-ce que le privilège social ? 

 

Ressource: BD sur les privilèges sociaux

 

Texte: Peggy McIntoch sur la notion de privilège

 

Ressource vidéo : La leçon de discrimination 

 

Ressource: Lexique sur les privilèges et les oppressions sociales

 

II- Le sexisme et les LGTI-phobies

 

1. Les journées d'une femme et d'un homme (objectif: prendre conscience des inégalités hommes/femmes au quotidien)

 

2. Inverser les normes de genre (objectif: prendre conscience de l'hétéronormativité)

 

3. La licorne du genre (objectif: acquérir les distinctions: genre, sexe, orientation sexuelle...)

 

Ressources vidéo: La plateforme Matilda

 

Ressource video: Christine Delphy, Le féminisme matérialiste

 

Vocabulaire: Qu'est-ce que le genre ? 

 

Texte: Pour un feminisme matérialiste et queer

 

III. Diversité migratoire et racisme

 

1. L'arbre de vie (Objectif: prendre conscience de la diversité des origines migratoires)

 

Ressource: Rapport du conseil de l'Europe sur le racisme en France

 

Texte:  Anna Kelger, Le langage édulcoré de la fragilité blanche

 

IV. Les classes sociales et inégalités dans le monde

 

1. La structure sociale de la France (Objectif: prendre conscience de la structure sociale inégalitaire de la société française) [ La même activité peut être reprise avec les inégalités économiques sociales dans le monde ]

 

Ressources: L'observatoire des inégalités

 

Texte: Marx sur le matérialisme historique

 

V. L'intersectionnalité

 

1. Les trajectoires sociales (Objectif: prendre conscience des trajectoires sociales différenciées des individus en fonction de leur classe sociale, de leur sexe et de leur origine migratoire)

 

2. Les stéréotypes dans les médias (Objectif: approche intersectionnelle des stéréotypes dans les médias: classisme, stéréotypes racistes et/ou sexistes...)

 

Ressource vidéo: Présentation des notions d'oppression et d'intersectionnalité

 

Vocabulaire: Qu'est-ce que l'intersectionnalité ? 

 

Texte: Danièle Kergoat sur l'articulation des rapports sociaux

 

VI. Les droits fondamentaux 

 

1. Droits civils, droits politiques, droits sociaux (Objectif: connaître ces différents droits)

 

2. Handicap et discrimination (Objectif: réfléchir à la notion d'accessibilité)

 

3. Libertés fondamentales et tolérance religieuse (Objectif: respect des libertés des non-croyants et des croyants)  

 

4. Comment faire naître une rumeur ? :  Liberté d'information, désinformation et nouvelles technologies.  (objectif: prendre conscience de la manière dont une information peut être déformée)

 

Ressource vidéo:  La rumeur d'Orléans

 

Ressource: Protéger sa vie privée sur Internet

 

Texte: Maxime Ouellet sur la gouvernementalité algorithmique

 

Ressources: Le défenseur des droits

 

Ressources: Convention internationale des droits de l'enfant

 

Texte: Etienne Balibar sur la désobéissance civique 

 

VII. Droits environnementaux et souffrance animale (Objectif: apprendre à effectuer certaines distinctions conceptuelles. Comprendre les enjeux philosophiques de ces questions)

 

Ressource: Charte de l'environnement 

  

VII. Activités d'empowerment (Objectif: des activités qui permettent d'augmenter le pouvoir d'agir des personnes socialement opprimées face aux situations qu'elles subissent)

 

 - Agir pour la transformation: L'entraînement mental  (Objectif: méthode d'action élaborée par des résistants durant la Seconde Guerre mondiale) 

 

Ressource:   Apprendre à agir comme un-e allié-e

 

Vocabulaire: Qu'est-ce que l'empowerment ? 

 

 Ressources: 

 

 - Des outils d'animation collectif - http://pouremporter.communagir.org/

 

 - Outils et méthodes (Scop Le Pavé): http://www.scoplepave.org/outils-et-methodes

 

 Annexe: Spécial enseignant

 

Check liste: Prendre conscience de ses privilèges et des oppressions dans les pratiques en classe

 

Grille d'auto-observation de ses pratiques de classe

 

Remarque: Les outils utilisés dans cette formation ne sont que des portes d'entrée vers les théories qui les sous-tendent (Exemple: féminisme matérialiste, théorie queer matérialiste, intersectionnalité, théorie du privilège, théorie critique de la race, matérialisme historique, théorie critique francfortienne, pédagogie critique...). Il y aurait sur ce point un danger à confondre la maîtrise de ses outils de formation, avec la maîtrise des théories. Au contraire, c'est la maîtrise des théories qui donne au formateur ou à la formatrice la compréhension profonde des outils. De ce fait, on ne peut que recommander de prolonger les premiers éléments acquis par une lecture d'ouvrages ou de textes portant sur le sujet. Il ne faut pas oublier qu'un des premiers objectifs d'un allier est de se former sur les théories qui permettent de faire la critique des oppressions. 

 

Pour compléter:  Dossier - Paulo Freire et la pédagogie critique

 

* Attention certains liens comme souvent sur internet peuvent renvoyer sur des sites qui contiennent des publicités. Le mieux est d'utiliser un logiciel pour bloquer la publicité. 

 

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Une catégorie policière : « de type méditerranéen »

 

Cette catégorie est utilisée dans les affaires criminelles par les services de police ou les médias. Que recouvre-t-elle ?

 

Une catégorie déjà présente dans le système colonial hispanique

 

Anibal Quijano souligne dans ces textes sur la colonialité du pouvoir que les espagnols ont d'abord utilisés les catégories blanc, noir, indiens et métis. Par la suite, ils ont ajouté à ces catégories, deux autres : les jaunes et les olivâtres. On trouve en particulier cette dernière catégorie dans la classification de François Bernier au XVIIe siècle. 

 

Dans les théories de l'anthropologie raciale de la fin du XIXe et du début du XXe, la « race méditerranéenne » est une sous-catégorie de la « race caucasienne ». Le teint olive y est considéré comme le plus fréquent.

 

L'usage policier, médiatique et fictionnelle de la catégorie de type méditerranéen

 

En 2008, avait été envisagé par le gouvernement de droite de l'époque de mettre en œuvre un fichier basé sur des classifications ethniques : « méditerranéen-caucasien, africain-antillais, métis et autres, maghrébin, moyen-oriental, asiatique, indo-pakistanais, latino-américain, polynésien et mélanésien ». Cette initiative suscite un tollé. On peut néanmoins remarquer le découpage surprenant : une catégorie méditerranéen-caucasien, une autre maghrébine, une autre latino-américaine. On se demande bien comment un tel fichier basé sur une perception phénotypique aurait fonctionné.

 

Pourtant les fiches de recherche de suspect, établie par la police continue d'utiliser cette catégorie « de type méditerranéen ». Que recouvre-t-elle ?

 

Usages policiers :

 

- Aout 2012  (alerte enlèvement) : « La suspecte est âgée d'environ 25-30 ans, de taille moyenne, de type méditerranéen ou maghrébin »

 

- Décembre 2016 (attentat de Berlin) : « L'assassinat avait été revendiqué par Daesh, tandis qu'un suspect de "23 à 25 ans" et de "type méditerranéen". (BFM Tv) 

 

- Mars 2017 (alerte enlèvement) : un enfant est enlevé par son père. Le suspect est présenté par la police et les médias comme appartenant une communauté de gens du voyage et comme de type méditerranéen.

 

Usages fictionnels :

 

- « Les frères Cohen n'étaient pas arabes mais ils étaient de type méditerranéen » (Pierre Lucas, Police des mœurs, 2014). 

 

- « De type méditerranéen, tous les témoins assurent avoir vu un « mulâtre » (Emmanuel Pierrat, Les grands énigmes de la juste, 2010).

 

- « Gargovitch est de type méditerranéen, genre yougoslave » (Philippe Mignaval, Vierge Noire, 2009)

 

On remarque que cette catégorie de « type méditerranéen » est assez floue. Elle sert en particulier à désigner les personnes des communautés du gens du voyage, les maghrébins… mais plus largement toute personne aux cheveux noirs et au teint mat, jusqu'à y compris les  métis (« mulâtre »).

 

Mais elle vise en particulier à désigner les personnes d'origine maghrébine, sans les nommer. Ce que laisse apparaître l'exemple de "type méditerranéen" ou  "maghrébin". 

 

Exemple de dérives liées à l'utilisation de cette catégorie

 

Dans un ouvrage de préparation au concours de professeur des écoles, publié par Nathan en 2014 et 2015, intitulé Les missions du professeur des écoles, on trouve la situation suivante :

 

« un père d'un de vos élèves de CM1, originaire d'un pays méditerranéen, fait bruyamment irruption dans l'école et exige dans un français approximatif, mais vigoureux, d'être reçu par « le » maître de son fils. Or le maître est une maîtresse…"

 

L'ouvrage précise par la suite aux étudiants les points suivants : « Ce type d'incident, liée à la méconnaissance, parfois au refus des valeurs de la République, se rencontre fréquemment dans des lieux où vivent des immigrés de fraîche date, ce qui est sans doute le cas de ce père de famille, comme en témoigne sa mauvaise maîtrise du français. Dans certains milieux, sous couvert de références culturelles on affirme un tranquille mépris des femmes ». Le texte se poursuit de la même sorte encore pendant une demi-page (voir documents joint ci-dessous).

 

On sent bien que l'auteur souhaite viser en particulier les personnes d'origine immigrée, mais de confession musulmanes, sans doute maghrébine, mais ne veut pas le dire directement. Il utilise alors une catégorie plus générale: "homme d'origine méditerranéenne".

 

Autre exemple : En avril 2016, plusieurs étudiants portugais sont pris physiquement à parti en Pologne par un ancien militaire. L'homme affirme ensuite qu'il les a agressé parce qu'ils ont un « teint foncé » et qu'il les a pris pour des « musulmans ».

 

On voit bien ici que le racisme qui se développe à l'encontre d'un groupe religieux, que l'on assimile en outre à un phénotype, tend à favoriser le développement d'un racisme plus large qui déborde le groupe initialement visé. Cela ne va pas sans rappeler des expressions communes dans l'entre-deux guerre: "les juifs et les métèques". 

 

Conclusion :

 

La catégorie de « type méditerranéen » est une catégorie racialisante, utilisée pour désigner des personnes dont on pense qu'elles ne sont pas d'origine française, pas vraiment blanches, mais pas noires non plus. Elle est en particulier appliquée aux personnes au "teint basané", ce qui recouvre dans l'imaginaire les « roms » (auquel se trouve souvent réduit la catégorie gens du voyage) ou les « maghrébins »: deux catégories qui sont victimes du racisme d’État. Plus généralement cette catégorie est appliquée à toute personne étrangère venant d'un pays du bassin méditerranéen. Le caractère large de cette catégorie favorise l’extension d'un racisme anti-immigré s'appuyant sur des caractéristiques phénotypiques.  Cela favorise le passage au raisonnement suivant: "les roms et les arabes sont des criminels" (généralisation abusive) à une autre généralisation encore plus large: "les personnes de type méditerranéennes sont possiblement des criminels".  

 

Références :

 

Quijano Anibal, Colonialidad del poder, eurocentrismo y América latina. URL : http://www.decolonialtranslation.com/espanol/quijano-colonialidad-del-poder.pdf

 

Race méditerranéenne - https://fr.wikipedia.org/wiki/Race_m%C3%A9diterran%C3%A9enne

 

Le Monde, « Le ministère de l'intérieur dément l'étude d'un fichier par couleur de peau et origine ethnique », 04/12/08.
URL: http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/04/apres-edvige-le-fichage-par-couleur-de-peau-et-origine-ethnique-a-l-etude_1127068_3224.html#QAddek0wTx0w435m.99

  

« Estudante portugûes vitima de ataque racista na polonia » (avril 2016). URL : http://www.dn.pt/sociedade/interior/estudante-portugues-vitima-de-ataque-racista-na-polonia-5143833.html

 

Annexe:

 

Texte d'une situation de concours d'un ouvrage des éditions Nathan publié en 2014, 2015:

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Expériences ethno-raciales en France

 

 

L'expérience ethno-raciale ne peut être pleinement appréhendée sans prendre en compte de nombreuses micro-interactions qui sont à peine perceptibles, mais qui pourtant en forge la conscience. C'est pourquoi sans doute, elle passe inaperçue à la plupart des personnes, y compris parfois à la sociologie...

 

Quelques exemples :

 

 

 

Perceptions ethniques :

 

Mon père : accent, teint mate, cheveux noirs frisés, moustache. Souvent identifié comme turc.

 

Ma mère : accent, peau claire, cheveux noirs, grande. Identifiée comme étrangère. Mais les gens ne savent pas trop d'où.

 

Ma sœur (la plus claire de peau, cheveux ondulés) : Souvent prise pour une maghrébine, souvent marocaine, y compris par des maghrébins. Quand elle leur explique qu'elle est portugaise, ils ne la croit pas, lui reproche de renier ses origines.

 

Moi : pas de remarques sur mon type. Pourtant je suis plus mate de peau qu'elle.

 

Ma sœur (la plus foncée de peau, le type de la « latina » dans les médias) : on lui demande souvent si elle est espagnole ou italienne.

 

Souvenirs familiaux :

 

Injonction maternelle : ne pas trop bronzer avant d'aller en vacances à Madère d'où sont originaires les parents. Etre trop foncé de peau est mal considéré.

  

Scène maternelle : Reproches pour avoir mis sur ma carte d'étudiante une photo où je suis bronzée : « j'ai l'air d'une immigrée ».

 

Souvenirs d'école :

 

En maternelle, dernière année:  Election présidentielle. Je dis que mon père aussi est allé voté. L'enseignante rétorque devant tout le monde qu'il faut que j'arrête de dire n'importe quoi. Mon père n'est pas français. Il ne vote pas.  

 

En primaire, un personnel scolaire : « - Tes parents sont portugais ? » Je réponds que oui. « Ils pourraient lâcher un de leur boulot au noir pour venir te chercher à l'heure ».

 

Collège 4e, exposé sur un pays d'Europe : Reproches d'un prof parce que j'ai pris l'Autriche et pas le Portugal.  

 

Lycée, 1ère: Enseignant qui demande aux élèves d'origine immigré s'ils ont l'intention de prendre la nationalité française. 

 

A la fac (1ere année): Prof d'espagnol le premier cours, qui fait toute une leçon de prononciation sur mon nom de famille, et en rajoute un couplet sur la morue. 

 

Année de stage d'enseignante: On évalue que je ne maîtrise pas le français pour enseigner et communiquer. Incompréhension de mes parents. Leur réaction: "Mais pourtant, tu as bien tous les diplômes français".  

 

Ma sœur : les enseignants lui disent que ses difficultés scolaires sont dues au fait qu'elle est immigrée. La preuve elle aurait un accent chantant. Pourtant, elle est née en France, et parle à peine le portugais.

 

Expérience courante:

 

Rester stoïque pendant les blagues sur les portugais :

 

- Les métiers : les femmes de ménage ou les concierges, les hommes maçons ou plombier. Genre : « Que fait une portugaise à l'université ? Le ménage ».

  

- Les caractéristiques qui permettent de les identifier : la pilosité, la moustache des femmes et le mono-sourcil des hommes. Genre : « Qu'est-ce qu'un singe avec un casque de chantier ? Un portugais ».  

 

Administration: Problème des noms qui ne coïncident pas dans les papiers portugais et français. Faire attention à ne pas se tromper sinon difficultés administratives pour rétablir la situation.  

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