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La notion de conscientisation

 

Ci-joint un diaporma qui présente la notion de conscientisation en pédagogie critique en distinguant trois niveaux de conscience: la conscience critique, la conscience critique culturelle et la conscience critique matérialiste. 


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La notion de conscientisation
Trois niveaux de conscience sociale: la conscience quotidienne, la critique culturelle et la critique matérialiste.
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Pédagogie critique dans la classe coopérative

 

 

La pédagogie critique constitue une approche qui vise à interroger les pratiques pédagogiques en lien avec les thématiques de justice sociale.

 

Les approches de la pédagogie critique peuvent être mises en œuvre en lien avec différents types de pédagogies. Mais elle peut permettre en particulier d’interroger à de nouveaux frais les pratiques de la pédagogie coopérative

 

Quelques pistes :

 

- Le texte libre au prisme de la pédagogie critique :

 

l est possible de retravailler à partir des textes libres des élèves les propos  traduisant l’emprise d’une culture des masses médias tourné vers le consumérisme présent dans les production des élèves. Le texte libre peut être une base pour travailler un processus de conscientisation des élèves sur ces questions.

 

Voir par exemple : Collectif, L’enfant consommateur : variations interdisciplinaires sur l’enfant et le marché, Vuibert, 2005.

 

- Les messages clairs au prisme de la pédagogie critique :

 

Le message clair peut-être un outil qui permet de réfléchir sur la violence à l’école sous l’angle du genre. En effet, dans l’auto-défense féministe on trouve une partie sur la défense verbale qui se rapproche des messages clairs car les deux approches s’appuient sur la communication non-violence.

 

Voir sur violence et école :

Les violences à l’école, une oppression viriliste - https://www.nogynophobie.org/media/rapport-violences-sexiste-ecole-2018.pdf

 

Sur la défense verbale féministe :

Auto-défense verbale féministe - https://santeactivesolidaire.files.wordpress.com/2015/03/autodc3a9fense-verbale-basse-dc3a9f.pdf

 

- Le conseil coopératif au prisme de la pédagogie critique :

 

- La prise de parole et les rapports sociaux de sexe : dans quelle mesure les prises de parole dans le conseil coopératif reproduisent ou non les rapports sociaux de sexe ?

 

Voir : la répartition des tâches de conversation entre les hommes et les femmes - https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=239

 

- Le conseil coopératif comme vecteur pour un travail sur des notions telles que : citoyen/démocratie, démocratie représentative/directe, coopérative ouvrière/entreprise, autogestion, conseils ouvriers...

 

- Les ateliers coopératifs  au prisme de la pédagogie critique:

 

Le travail de groupe peut faire l’objet d’une analyse visant à déterminer comment sont constitués les groupes et comment se répartie le travail en fonction : de la classe sociale des élèves, de leur sexe, de leur origine migratoire. Constate-t-on des répartitions inégalitaires ?

 

Les pratiques coopératives au prisme de la sociologie critique :

 

Enfin, une interrogation qui doit être présente consiste à être vigilant à ce que les pratiques pédagogiques mises en œuvre afin de ne pas produire de malentendus socio-cognitifs et d’être explicite relativement aux implicites scolaires qui sont maîtrisés de manière inégalitaire par les élèves.

 

Voir : S. Bonnery, Comprendre l’échec scolaire, La Dispute, 2007.

 

 

 

Théorie justice queer et théorie justice matérialiste

 

 

 

La théorie de la justice queer possède des points communs avec la vision libérale de la justice :

 

- La conception libérale met en avant le pluralisme des idées et la tolérance.

 

- La conception queer valorise la diversité des genres, des corps…

 

La conception queer peut être récupérée par le néo-libéralisme dans la mesure où le néo-libéralisme considère que le manque de tolérance vis-à-vis de la diversité à un coût qu’il prive l’économie de talents qu’elle devrait inclure pour augmenter le profit : diversité des genres, ethnique, neuro-diversité…

 

Implicitement la différence est valorisée contre l’égalité.

 

La lutte contre la discrimination vise à lutter pour la diversité qui est considérée comme un facteur d’enrichissement économique.

 

- La conception matérialiste vise l’égalité : entre les hommes et les femmes, entre les classes sociales, entre les races…

 

- Elle ne vise donc pas seulement l’égalité des droits, mais l’égalité des conditions sociales.

 

- Elle aboutie à l’abolition des classes sociales, des classes de sexe, des catégories raciales…

 

Le queer vise un pluralisme compatible avec le néo-libéralisme, là où le matérialisme vise l’abolition des divisions sociales actuelles et non pas leur multiplication.

 

- En outre, le queer vise une déconstruction des normes oppressives tandis que le matérialisme vise une critique des conditions sociales matérielles.

 

Il ne s’agit pas seulement de changer les mentalité, mais de répartir le travail et la production de richesse différemment.

 

 

Discrimination

 

 

matériel

 

 

normatif

 

 

Classe sociale

 

 

Division du travail correspondant à une inégalité salariale

 

 

Mépris social car occupe position économique peu payé

 

 

Races

 

 

Division ethno-raciale du travail, discrimination à l’emplo

 

 

Préjugé racistes

 

 

Sexe

 

 

Division du travail

 

 

Préjugés sexistes

 

 

Orientation sexuelle

 

 

Inégalités salariales

 

 

Préjugés homophobes

 

 

Apparence de genre

 

 

Discrimination à l’emploi

 

 

Préjugés transphobes

 

 

Handicap

 

 

Discrimination à l’emploi, inégalités salariale

 

 

Préjugés homophobes

 

 

 

Limite de la centralité du travail : il y a d’autres domaines que le travail : l’école, le logement, l’espace public

- L’école oriente vers le travail. Le logement n’est pas accessible sans un travail.

- Les préjugés normatifs sont liés à des préjugés qui se sont construits en lien avec le travail productif ou reproductif.

Il y a une origine à ces préjugés : ils sont liés à des positions stéréotypés dans l’espace sociale

 

 

Discriminations

 

 

Travail scolaire

 

 

normes

 

 

Classes sociales

 

 

Différentiation active et passives

 

 

Préjugés anti-pauvres

 

 

Race

 

 

Différentiation orientation scolaire

 

 

Préjugés culturels

 

 

Sexe

 

 

Différentiation interaction en fonction des matières

 

 

Stéroétypes sexistes

 

 

Apparence de genre

 

 

Différentiation genrés qui correspondent pas au genre

 

 

Préjugés transphobes

 

 

Orientation sexuelle

 

 

 

 

 

 

hétéronormativité

 

 

handicap

 

 

Différentiation du travail

 

 

Norme handiphobe

 

 

 

 

Compte-rendu: Comment le monde est devenu Cheap

 

 

Flammarion, 2018

336 p.

 

Dans cet ouvrage les économistes Raj Patel et Jason W. Moore soutiennent que le capitalisme industriel est né au milieu du XVe siècle sur l’Ile de Madère.

 

L’archipel de Madère, au large du Maroc, est composé d’une Ile principale qui lui donne son nom. Minuscule possession portugaise au large des côtés africaines, il joue pourtant selon les deux économistes américains Patel et Moore un rôle central dans l’avènement du capitalisme et des rapports sociaux de domination modernes.

 

En particulier les deux auteurs insistent sur le rôle que joue Madère dans la co-construction des rapports sociaux capitalistes, de racisation lié à la colonisation moderne et la destruction de l’environnement naturel. En effet, Madère sert de laboratoire au colonisateurs portugais pour mettre en œuvre l’économie de l’industrie de la culture sucrière qui a été à la base de l’économie du commerce triangulaire entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe à l’époque moderne.

 

En effet, pour mettre en place l’économie de l’industrie sucrière, les portugais recourent à l’esclavage d’abord avec les Guanches des Canaries – des berbères -, puis avec le recourt à des esclaves noirs provenant du Golfe de Guinée.

 

Pour faire, fonctionner les moulins de l’industrie sucrière, il faut du bois. Madère, qui signifie bois en portugais, voit ses forêts côtières dévastées par les exigences de la production économique. Seul sont épargnés les forets du centre de l’île peu accessibles.

 

La crise engendrée par la difficulté à se procurer du bois à bas pris et la découverte du Brésil ont raison de la centralité de l’archipel dans la production sucrière.  Les auteurs semblent rejoindre ici les analysent décrites par Jared Diamond dans Effondrement en montrant les liens entre effondrement écologique et économique. Néanmoins, Madère garde une place stratégique qui a été souvent soulignée dans les études littéraire sur Jane Eyre de Charlotte Bronthé. En effet, après avoir été chercher des esclaves sur la côté africaine et en revenant du Brésil, les bateaux se chargent des tonneaux de vin de Madère qui ont remplacés en grande partie l’économie sucrière.

 

Néanmoins à travers cette archéologie de l’histoire moderne, les auteurs cherchent à mettre en lumière une thèse plus ambitieuse encore. L’économie qui s’est mise en place à Madère, à l’orée de l’époque moderne, est celle du « cheap » (du pas chère). En effet, l’esclavage permet de se procurer une main d’oeuvre cheap. Celle-ci permet de produire une alimentation cheap. C’est un processus généralisé que les auteurs décrivent à travers 7 domaines qui sont outre le travail et l’alimentation, la nature, le care, l’argent, l’energie et la vie. Car au fondement de l’ouvrage se trouve une réflexion sur les rapports entre le capitalisme et la vie elle-même. Cette perspective est ce qu'ils appellent « l’écologie-monde ».

 

Les auteurs se présentent comme des économistes socialistes ayant recourt à une grille intersectionnelle d’analyse. Néanmoins, leur étude va plus loin que les perspectives intersectionnelles habituelles car elle intègre la dimension écologique. Il faut noter que l’ouvrage est accompagné d’une très abondante bibliographie dans laquelle ils ont puisé pour étayer leurs thèses et sur un appareil de notes critiques.  

Ces vies qui ne comptent pas

 

 

Un rapport social est un conflit autour d’un enjeu qui constitue deux groupes. On peut se demander si aujourd’hui pour un certain nombre de groupes, cette tension n’est pas la vie même.

 

Quel est l’enjeu des rapports sociaux ?

 

Marx a défini l’enjeu des rapports sociaux autour du travail. Les courants foucaldiens actuels définissent l’enjeu du pouvoir autour de la vie: c’est la biopolitque.

 

La difficulté c’est non seulement qu’il y a une multiplicité de rapports sociaux: de sexe, de classe, de racisation…

 

Mais la difficulté tient au fait que l’enjeu n’est pas le même pour tous les groupes sociaux ou même pour toutes les personnes dans ces groupes sociaux.

 

Quelles sont ces vies qui ne comptent pas ?

 

Les féminicides: Dans le monde, y compris en France avec les violences conjugales, ces vies qui ne compte pas, ce sont les vies de femmes comme dans le féminicide de Ciudad Juarez.

 

Les personnes trans et homosexuelles: qui sont tuées du fait de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle.

 

Les personnes racisées: les jeunes hommes racisés tués par la police, les migrants que l’on laisse se noyer en méditerranée…

 

Les travailleurs qui meurent de pollution chimique ou d’autres mauvaises conditions de travail: Ce sont par exemple ces personnes qui ont intenté un procès contre Monsanto à cause du caractère cancérigène de leur produits.

 

Les animaux dans les abattoirs: qui sont tués industriellement

 

La destruction de la biodiversité:

 

Quelles revendications ?

 

Les philosophies qui font de la vie l’enjeu du pouvoir peuvent considérer, à un niveau plus général, que les revendications peuvent se centrer sur les conditions d’une vie décente, par exemple avec la revendication d’un revenu d’existence.

 

Quelle perspective matérialiste ?

 

La perspective matérialiste sur la vie porte sur la question du travail reproductif qui permet de maintenir la vie. Il a été étudié sous l’angle de sa division et de son exploitation.

 

La question est pourquoi dans la matrice du pouvoir, certaines vies comptent et d’autre pas. L’approche matérialiste permet d’essayer d’aller plus loin dans l’analyse des dynamiques qui conduisent à rendre inutiles certaines vies.

 

Car si certaines vies ne comptent pas, c’est qu’elle n’ont pas de valeur. Or c’est qu’elles ne sont pas considérés comme rentables du point de vue de la raison calculante qui domine la matrice du système monde-moderne capitaliste/étatique/colonial.

 

Il est possible de se demander si à l’opposé de ce travail reproductif ne se trouve pas des logiques mortifières - thanatiques - au sein des systèmes d’oppression qui ne visent pas seulement l’exploitation de la force de travail, mais la destruction de la force de travail qui ne s’inscrit pas dans le “principe de rendement” (Marcuse).

 

Les vies considérées comme inutiles dans la matrice du pouvoir pour la production capitaliste ou le travail reproductif, le vies considérées comme surnuméraires, celles que l’on désire contrôler par la terreur de la mort….

 

La dynamique des rapports sociaux

 

Au fond de la dynamique psychologique des rapports sociaux, il y a le désir de faire faire par autrui le travail que l’on ne souhaite pas faire: soit en le faisant travailler à sa place, soit en lui réservant les tâches que l’on ne souhaite pas faire.

 

Lorsque des groupes d’individus sont considérés comme inutiles, ils perdent leur valeur sociale qui était une valeur économique.Quand ils ne se plient pas au rôle sociaux qui leur étaient assignés, il s’agit de les contraindre par la force à s’y maintenir.

 

On peut également leur refuser la possibilité même d’avoir à une activité qui leur permette de vivre. Car à travers le travail c’est la condition de la reproduction et donc de la conservation de la vie qui se trouve posée. En effet, le “principe de réalité” (Freud) impose le travail comme condition de conservation de l’existence.

 

L’occultation, par la critique sociale de ces dynamiques d’exploitation conduit à un verbalisme de la critique. Elle décrit au mieux la surface des phénomènes, au pire elle occulte leur dynamique profonde.

 

 

Bibliographie:

 

Agamben Gorgio, Homo Sacer, le pouvoir et la vie nue

 

Butler Judith, Ce que fait une vie

 

Foucault Michel, Naissance de la biopolitique (cours au collège de France)

 

Le Blanc Guillaume, Vies ordinaires, vies précaires

 

 

Marcuse Herbert, Eros et Civilisation

Bilan du XIe forum mondial Paulo Freire

 

Le XIe Forum mondial Paulo Freire a été organisé par l’Université de l’Atlantico en Colombie. Il a avait pour thème: Education, Paix et démocratie.

Ce XIe Forum a principalement pris la forme du colloque universitaire. Mais il a été réalisé en lien avec le mouvement social pédagogique Paulo Freire des étudiants de l’Université.

Durant ce forum étaient présents plusieurs Instituts Paulo Freire: Brésil, Chili, Portugal, Costa Rica, Allemagne. Les instituts membres du Conseil Mondial sont une vingtaine. Plusieurs n’ont pas pu être présents comme les Etats-Unis, le Canada, Malte ou encore l’Espagne. 

A l’issue du Forum a été proclamée, par le Conseil mondial des instituts Paulo Freire, la Charte de Barranquilla sur le processus de paix en Colombie.

Lors de la réunion du Conseil mondial plusieurs instituts ont été créés et sont devenus membres du Conseil mondial: l’institut bell hooks/Paulo Freire (France), l’IPF du Nicaragua, l’IPF du Mexique, l’IPF du Guatemala. A été également reconnu membre de l’Unifreire une chaire Paulo Freire au Chili. 

XIIe Forum Mondial Paulo Freire: 2020 en France

Lors du XIe Forum mondial Paulo Freire qui a eu lieu en septembre 2018 en Colombie, le Conseil Mondial des Instituts Paulo Freire a chargé l’Institut bell hooks/Paulo Freire de coordonner l’organisation du prochain forum mondial Paulo Freire en France. 

Organisé depuis 1998, le Forum mondial Paulo Freire est un événement international. C’est lors de ce forum que se réunit le Conseil Mondial des Instituts Paulo Freire.

Les Instituts Paulo Freire existent dans plusieurs pays du monde en lien le plus souvent avec des Universités et des mouvements sociaux. Ils sont présents dans cinq continents. En Europe, il en existe un au Portugal, en Espagne, en Italie, au Royaume Uni, en Allemagne et maintenant en France.

En Amérique du Nord, il en existe un au Canada et un autre aux Etats-Unis. En Amérique latine, il existe des Instituts au: Brésil, Argentine, Chili, Mexique, Colombie, Costa Rica, Guatemala et Nicaragua. En Afrique, il en existe un au Cap Vert. En Asie, il en existe en Chine, en Corée et au Japon.

La thématique qui a été retenue par le Conseil Mondial des Instituts Paulo Freire pour 2020 est: Education, genre et immigration.

Cette thématique s’explique par un ensemble de situations communes en particulier en Europe et dans les Amériques: mouvements néo-conservateurs et religieux contre les études de genre et l’enseignement du genre à l’école, racisme et xénophobie, alimentée par la droite conservatrice et l’extrême-droite, contre les migrants et en particulier les réfugiés, mais également contre les minorités ethno-raciales. 

L’Institut bell hooks/Paulo Freire a reçu le mandat de coordonner l’organisation de deux événements. Un premier événement de nature universitaire doit souligner la place de l’oeuvre de Paulo Freire dans les études universitaires en lien avec les thématiques de genre et de migration.

Un autre événement de type forum social de l’éducation qui réunirait des associations d’éducations populaires, des syndicats et autres collectifs de la société civile pouvant se reconnaître dans l’héritage critique de l’oeuvre de Paulo Freire et son engagement auprès des opprimés. Pour cette partie de l’événement, l’Institut bell hooks/Paulo Freire a déjà reçu le soutien de la fondation Copernic. 

Intersectionnalité et trajectoires scolaires

 

 

L’étude des trajectoires scolaires constitue une illustration du concept d’intersectionnalité. En effet, cette notion met en lumière que les oppressions ne se cumulent pas nécessairement.

 

Le poids de l’origine socio-économique est en France extrêmement marqué dans la trajectoire des élèves comme l’ont montré entre autre les différentes études PISA :

 

"Dans tous les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015, les élèves de 15 ans les plus défavorisés (quartile inférieur de l’indice du milieu socio-économique) sont moins susceptibles de réussir à l’école que leurs camarades plus favorisés (quartile supérieur de l’indice du milieu socioéconomique). La différence de résultats entre ces deux groupes d’élèves est particulièrement marquée en France, où la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves est l’une des plus fortes parmi les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015. En d’autres termes, plus on vient d’un milieu défavorisé en France, moins on a de chances de réussir à l’évaluation PISA 2015 (voir le tableau I.6.3a)." (OCDE 2015)

 

C’est la variable sociale la plus prépondérante d’explication des inégalités sociales de trajectoires en France comme dans d’autres pays:

 

« Le milieu socio-économique des élèves est une variable plus étroitement liée à la performance que leur statut au regard de l’immigration, et c’est au sein même des pays que cette corrélation s’observe le plus nettement. Les établissements présentant une plus forte concentration d’élèves immigrés se situent souvent dans des quartiers pauvres. Aux États-Unis, les élèves issus de l’immigration représentent ainsi 21 % de la totalité des effectifs d’élèves, mais 40 % des effectifs scolarisés dans des établissements défavorisés » (OCDE, 2015).

 

Néanmoins, cela ne veut pas dire que d’autres variables sociales comme le sexe ou l’origine migratoire n’ont pas un poids dans la trajectoire scolaire.

 

Le poids de l’origine migratoire, à milieu social comparable, apparaît nettement plus clairement lorsqu’on le combine avec le sexe des élèves. Les élèves d’origine immigrés sont plus souvent issus de familles de milieux populaires. Néanmoins, lorsqu’on neutralise la classe sociale en comparant uniquement les élèves de milieux populaires et qu’on croise avec les variables de sexe et d’origine migratoire, on observe des trajectoires scolaires plus courtes chez les élèves garçons d’origine immigrés de classes populaires:

 

“Il apparaît donc dans ces résultats non pas un biais ethnique, mais deux forts biais ethno-genrés dont les effets se compensent statistiquement, l’un à l’avantage des filles d’origine maghrébine, l’autre au détriment des garçons de même origine. Les données recueillies dans l’enquête « Trajectoires et Origines » apportent des précisions supplémentaires, en enrichissant les catégories d’origine prises en compte : le biais ethno-genré au désavantage des garçons d’origine maghrébine est confirmé et il se retrouve chez les garçons d’origine subsaharienne ; alors que le biais ethno-genré à l’avantage des filles d’origine maghrébine est confirmé seulement chez les filles issues des flux migratoires marocain, tunisien, ainsi que pour le flux subsaharien. Il ne se manifeste pas pour les filles d’origine algérienne, dont les parcours sont certes meilleurs que ceux de leurs pairs garçons, mais d’une façon pas plus marquée que pour la moyenne des filles par rapport aux garçons (INED, 2010, p. 44)” (Françoise Lorcerie, « École et ethnicité en France : pour une approche systémique contextualisée », SociologieS ).

 

Ce biais ethno-genré se retrouve également dans l’immigration d’origine portugaise en France:

 

“ Les descendants d’immigrés natifs de Turquie et du Portugal sont nombreux (plus de 38 %) à avoir acquis un diplôme professionnel court (CAP-BEP), contre un quart de la population majoritaire (et respectivement 31 % et 27 % des descendants d’originaires d’Afrique sahélienne ou d’Algérie). [...] Ces diplômes professionnels restent également prisés par les filles d’immigrés venus du Portugal (par ailleurs plus souvent diplômées du supérieur que les garçons du même groupe).” (Etude Trajectoire et Origine, 2010, p.49)

 

 

De quelques questions philosophiques à propos de Pédagogie des opprimés

 

 

L’ouvrage de Paulo Freire, Pédagogie des opprimés, est avant tout un livre philosophique : oeuvre difficile, par les références explicites et implicites à une littérature philosophique d’inspiration en particulier marxiste et existentialiste. Ci-dessous nous fournirons des hypothèses de lecture concernant certains points elliptiques dans l’ouvrage de Paulo Freire.

 

Pédagogie des opprimés est un ouvrage de philosophie de la conscience portant sur la place qu’occupe la prise de conscience dans le processus de transformation révolutionnaire. Dans une telle perspective, la finalité de la révolution pour Paulo Freire est l’humanisation. La condition d’un processus d’éducation et révolutionnaire libérateur consiste dans le fait que les opprimés ne soient pas traités comme des choses. La radicalité pour Paulo Freire consiste dans le fait que les enseignants et les leaders révolutionnaires respectent l’exigence éthique de toujours considérer les opprimés comme des sujets humains et ne les réifient pas comme le font les oppresseurs. De manière générale, l’analyse de Paulo Freire est orientée par une critique des différents mécanismes sociaux qui conduisent à la réification de l’humain.

 

Pourquoi les opprimés ne se libèrent pas seuls sans recours à une relation dialogique avec des leaders révolutionnaires ?

 

Certes Paulo Freire refuse une conception individualiste de la libération, mais la raison ne se trouve pas seulement à ce niveau. La difficulté tient au fait que l’opprimé est une conscience double (Fanon, Memmi). Sa spécificité est d’avoir intériorisé en lui l’image de l’oppresseur auquel il veut ressembler. Ainsi, l’opprimé n’est pas un être totalement aliéné : il possède un savoir. Mais il est en partie aliéné néanmoins par l’intériorisation du modèle de l’oppresseur. Il est clivé, ce qui l’empêche de parvenir à être un être-pour-soi. De ce fait, les opprimés doivent se défaire de l’illusion qu’il s’agit pour eux de ressembler à leur oppresseurs afin de pouvoir transformer le système social. Le leader révolutionnaire, ancien oppresseur qui s’est solidarisé avec les opprimés, n’est quant à lui pas dans cette illusion. En outre, il possède, de par son origine sociale bourgeoise, un accès à un savoir théorique d’ordre général, tandis que les opprimés ont un savoir d’expérience local. C’est donc dans la dialectique entre le savoir des opprimés et celui du leader révolutionnaire que se joue le processus de libération révolutionnaire.

 

Pourquoi seul les opprimés peuvent remettre en cause le système d’oppression ?

 

Les opprimés sont dans une situation de moins d’être. Ils sont aliénés et réifiés (Luckacs). En un mot : déshumanisés. Les oppresseurs pour leur part sont dans l’avoir-plus. Cela les conduit à réifier les opprimés, à les transformer en choses. Ils ne cherchent donc pas à être plus, mais reproduisent le cycle de l’oppression par leur désir d’avoir-plus. En soi, avoir est nécessaire pour être. Mais cela ne suffit pas pour être. Les opprimés qui sont dans une situation de manque à la fois sur le plan de l’avoir et de l’être sont seuls dans la position sociale pour remettre en cause le système. Ils ont donc une mission historique (Luckacs).

 

Pourquoi la transformation révolutionnaire est un acte d’amour ?

 

Les oppresseurs par leur désir d’avoir plus sont dans une attitude nécrophile (Fromm). Ils tendent à réifier l’ensemble des êtres vivants. Les opprimés, dont la position sociale de déshumanisation peut les conduire à renverser le système et à stopper la logique nécrophile, sont donc au contraire dans une logique biophile (Fromm).

 

Pourquoi la pédagogie bancaire est critiquée par Paulo Freire ?

 

La question de la pédagogie bancaire n’est pas avant tout une question de méthode pédagogique, mais un problème philosophique. L’éducation comme la révolution est un processus d’humanisation. Or pour être un humain, il faut être considéré comme un sujet. Donc, le processus éducatif ne doit pas réifier les élèves. Or la pédagogie bancaire s’appuie sur une conception mécaniste de la conscience : l’apprenant est un réceptacle qui digère des connaissances. Au contraire, la pédagogie dialogique s’appuie sur l’intentionnalité de la conscience. La conscience n’est pas une chose, elle est une relation : « toute conscience est conscience de quelque chose » (Husserl). Le dialogue est une relation entre deux sujets conscients. Si l’éducation est un processus d’humanisation, pour être libérateur, elle ne peut pas donner lieu à un processus de réification. De ce fait, l’éducation n’a pas pour objectif d’agir sur les individus, mais de leur donner le pouvoir de transformer le monde. Les pratiques anti-dialogiques énumérées par Paulo Freire sont des attitudes qui, comme la conquête ou la manipulation par exemple, ont pour conséquence la réification des opprimés.

 

Pourquoi, pour Paulo Freire, la parole est une action ?

 

La parole authentique est celle qui contribue à transformer le monde. Donc il y a réellement praxis dialogique et non pas seulement verbalisme lorsque l’enseignement conduit à développer chez les apprenants la capacité à transformer le monde en remettant en question l’oppression sociale.

A l’inverse la « culture du silence »  implique la passivité des apprenants. La conscientisation implique que les sujets comprennent pourquoi ils sont réduits au mutisme. En cela, la prise de parole, contre la « culture du silence » leur redonne leur dignité de personnes humaines.

 

 

Évaluer le niveau de conscientisation

 

 

Depuis les années 1970, aux Etat-Unis, des psychologues sociaux ont élaboré des tests pour mesurer le niveau de conscientisation des individus en s'inspirant de l'oeuvre de Paulo Freire.

 

L’échelle de conscientisation

 

Affirmations

Oui

Non

Je ne sais pas

Facteur 1 : Réflexion critique : percevoir les inégalités sociales. Ces affirmations vous paraissent-elles vraies ?

 

 

 

Certain groupes ethniques ou raciaux ont moins de chance de parvenir à obtenir un haut niveau d’éducation

 

 

 

Les enfants pauvres ont moins de chance de parvenir un haut niveau d’éducation.

 

 

 

Certain groupes ethniques ou raciaux ont moins de chance d’obtenir un emploi

 

 

 

Les femmes ont des salaires moins élevés

 

 

 

Les personnes pauvres ont moins de facilité à trouver un emploi

 

 

 

Facteur 2 : Action critique : Participation sociopolitique.

Avez-vous déjà….

 

 

 

Participé à une organisation de lutte pour les droits civils

 

 

 

Eté membre d’un parti, d’un club ou d’une organisation politique

 

 

 

Écrit une lettre, un article ou une publication au sujet d’une question sociale ou politique

 

 

 

Avez-vous déjà contacté un représentant public par téléphone, mail ou email pour lui dire votre opinion à propos d’une question sociale ou politique ?

 

 

 

Vous êtes vous déjà joint à une manifestation, une démonstration politique ou un meeting politique ?

 

 

 

Vous êtes vous déjà engagé pour une campagne politique ?

 

 

 

Avez vous déjà participé à une discussion sur des questions politiques ou sociales

 

 

 

Avez-vous déjà signé un email ou écrit une pétition a propos d’une question sociale ou politique ?

 

 

 

Avez-vous déjà été membre d’une organisation de droits humains, de droits des personnes LGBT ou d’une organisation ou d’un groupe féministe.

 

 

 

Avez-vous déjà été syndiqué ?

 

 

 

Facteur trois : Reflexion critique : Egalitarisme. Etes vous d’accord avec cette opinion ?

 

 

 

C’est une bonne chose que certains groupes sont en haut de la société et d’autre en bas.

 

 

 

Il serait préférable que les groupes sociaux soient égaux

 

 

 

L’égalité entre les groupes sociaux devrait être notre idéal.

 

 

 

Tous les groupes sociaux devraient avoir la même égalité des chances

 

 

 

Nous aurions moins de problèmes si nous traitions les gens de manière plus égale

 

 

 

 

Tableau adapté de celui de :

Diemer, M.A., Rapa, L.J., Park, C.J. & Perry, J.C. (in press). Development and validation of the Critical Consciousness Scale. Youth & Society, 2014.

 

- Un exemple d’évaluation basée sur le Critical Consciousness Inventory

 

Merardo Arriola-Socol, « L’impact d’une expérience éducative sur la conscience critique »Revue des sciences de l'éducation, vol. 15, n° 1, 1989, p. 83-101. URL : https://www.erudit.org/revue/rse/1989/v15/n1/900619ar.pdf

 

Cet article présente en langue française un travail visant à évaluer la progression du niveau de conscientisation auprès d’un groupe de femmes après des séances de conscientisation concernant les violences faîtes aux femmes.

 

Remarques :

 

L’échelle de conscientisation semble davantage mesurer un sentiment d’injustice sociale et une capacité à s’engager contre que véritablement un processus de conscientisation.

 

Le Critical Consciousness Inventory est plus proche d’une mesure d’un processus de conscientisation. En effet, il s’agit de mesurer le passage d’une conscience qui appréhende l’injustice sociale en termes de relations sociales interpersonnelles à une conscience qui appréhende la situation en termes de rapports sociaux structurels.

 

Néanmoins dans la version existante, c’est un outil assez complexe qui croise la capacité à nommer, à réfléchir et à agir selon trois degrés de conscience : magique, naive, critique.

 

L’analyse s’appuie sur un travail de décodification de quatre images qui servent de support à l’analyse du niveau de conscientisation.

 

L’échelle de conscientisation est un outil plus simple mais nécessite une adaptation des questions pour prendre en compte le degrés de conscientisation : il est possible de s’appuyer sur le Critical Consciousness Inventory en se servant dans la partie réfléchir de la sous-partie concernant la compréhension de la transformation du système et dans la partie agir, de la sous-partie transformation du système du CCI.

 

Facteur : degrés de conscientisation systémique. Etes vous plutôt d’accord avec ces affirmations :

Oui

Non

Je ne sais pas

Les injustices sociales sont liées principalement au fait qu’il y a des personnes qui sont malveillantes et égoïstes

 

 

 

Les discriminations sont liées à l’existence de préjugés et de normes sociales opprimantes

 

 

 

Les inégalités sociales sont liées aux rapports sociaux de travail

 

 

 

La société serait meilleure si chacun faisait un effort pour être plus bienveillant avec autrui.

 

 

 

La société serait plus juste si les mentalités étaient différentes et s’il y avait moins de préjugés discriminatoires

 

 

 

La société pourrait être plus juste si nous luttions collectivement pour changer l’organisation des rapports de travail aussi bien dans l'entreprise qu'en dehors par exemple dans l'espace domestique.

 

 

 

 

 

 Néanmoins, même avec cet ajout à l'échelle de conscientisation, le Critical Consciousness Inventory semble davantage pouvoir évaluer réellement une capacité à la critique sociale d'un individu.

En effet, il ne se contente pas de demander à cocher des items, mais suppose d'être capable d'analyser les rapports sociaux dans une situation d'oppression à partir d'une image dans laquelle ils sont mis en scène.

 

Il est néanmoins possible d'utiliser les items du tableau de conscientisation systémique pour effectuer un codage des analyses faites par des sujets d'images représentant des situations d'oppression de manière à essayer d'évaluer le niveau de conscientisation. On obtient ainsi avec la grille ci-dessus trois niveau de conscientisation:

- le niveau interpersonnel de conscientisation

- le niveau normatif de conscientisation

- le niveau matérialiste de conscientisation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Théorie critique des catégories du travail

 

La notion de “travail” constitue une catégorie critique puissante. Mais cette notion pour être utilisée comme opérateur sociologique critique peut faire l’objet de plusieurs distinctions.

 

Remarques générales

 

Le travail est ici considéré avant tout comme une catégorie sociologique, et non uniquement économique, qui permet d’analyser empiriquement les formes d’inégalités entre des groupes sociaux dans l’effectuation d’activités. Cela a deux conséquences. Le travail déborde l’emploi. Cela signifie que le travail ne se réduit pas à l’emploi: il y a des formes de travail en dehors de l’emploi. Ainsi, on peut parler de “travail domestique” (Delphy) ou encore de “travail militant” (Nicourd, Denuzat)... Cela signifie également que l’opposition emploi-travail/activité est analysée de manière critique. En effet, ce qui relève chez certains auteurs de l’activité peut en réalité masquer des formes de travail produisant des “rapports sociaux” (Kergoat). De ce fait, la catégorie travail acquiert une certaine universalité en tant que “catégorie” critique pour repérer des inégalités sociales. Par exemple, il n’y a pas complémentarité sexuée des tâches dans les sociétés de chasseurs/cueilleurs car il existe un principe de hiérarchie liée à une maîtrise technique des armes (P. Tabet).

 

Le travail recouvre des activités qui peuvent être matérielles (ex: travail productif manuel, travail reproductif domestique…), comme des activités symboliques (ex: travail intellectuel, travail émotionnel…). Certaines catégories de travail peuvent être à la fois matérielle et symbolique comme le travail du care.

 

La division technique du travail n’est pas nécessairement socialement un problème. On peut admettre que la complexité de certaines activités nécessitent une spécialisation et donc qu’elles reposent sur une compétence particulière. Le problème réside plutôt dans la reproduction sociale de la division du travail: le fait qu’il existe des emplois qui sont plutôt occupés par des personnes dont les parents sont de classes supérieurs ou de classes populaires, le fait que certains travaux soient effectués plutôt par des femmes ou plutôt par des hommes…

 

Les catégories d’analyse proposées ci-dessous n'épuisent pas la question de la production des inégalités sociales dans les rapports de travail, mais elles permettent d’en dénomer certaines.

 

Les catégories d’analyse du travail

 

Les catégories ci-dessous peuvent permettre d’étudier les différents mécanismes de production d’inégalités sociales dans le travail.

 

- L’invisibilisation: L’activité d’un groupe social n’est pas reconnu comme un travail et valorisé comme tel. Ces valorisations peuvent être symboliques (reconnaissance) ou matériel (économique). Par exemple, le travail domestique des femmes au foyer n’était pas reconnu socialement comme un travail. Le travail des personnes sans-papiers peut être invisibilisé. (Sur l’invisibilisation du travail, voir: A. Honneth, O. Voiriol)

 

- L’appropriation: Le travail d’un groupe social est approprié par un autre. L’appropriation est une catégorie plus large que celle d’exploitation (Marx). En effet, l’exploitation de la force de travail est lié à l’extraction d’une plus-value économique. Dans le cas de l’appropriation, ce qui peut être obtenu peut relever d’un bénéfice également symbolique en terme par exemple de reconnaissance sociale. Il peut y avoir un lien entre invisibilisation et appropriation. En effet, pour s’approprier un travail, il est possible d’invisibiliser l’auteur du travail. Par exemple, c’est ce qui arrive au début de sa carrière à Colette quand Willy signe les oeuvres à sa place. (Ici la catégorie d’appropriation n’est pas utilisée dans le sens de C. Guillaumin qui s’en sert pour désigner “l’appropriation du corps” et la distinguer de l’exploitation (Marx) qui consiste en l’appropriation de la force de travail).

 

- La séparation: Cette catégorie porte sur la manière dont le travail est socialement divisé entre groupes sociaux et comment cela produit une ségrégation du travail. Les travaux des hommes ne sont pas ceux des femmes (“Kergoat”). On parle alors de ségrégation ethnique ou sexuée du marché du travail. Certaines études montrent que la répartition dans les professions peut-même dépendre de critères sociaux comme l’orientation sexuelle: par exemple par peur des discriminations, certains types de professions sont évitées ou d’autres préférées. La distinction entre travailleur manuel et travailleur intellectuel recoupe en grande partie la distinction de classe sociale dans les sociétés techno-capitalistes. La revendication d’une éducation intégrale (comprenant la co-éducation des sexes) et la rotation des tâches dans les milieux libertaires autogestionnaires ont constitué une tentative de remettre en question ces divisions sociales inégalitaires.

 

- La hiérarchie du travail: Ce principe consiste à attribuer plus de valeur symbolique et économique (salaire) à un travail. Le travail d’un homme vaut plus que celui d’une femme (“Kergoat”). Cet aspect recouvre également la ségrégation verticale du marché du travail: le plancher collant et le plafond de verre.

 

- Le sur-travail: Cette catégorie désigne chez Marx le temps de travail exploité qui est effectué par les ouvriers et qui n’est pas couvert par le salaire. Mais, il peut désigner plus largement le travail qui est effectué par un groupe social en plus par rapport à un autre groupe. Par exemple, les femmes en couple hétérosexuel consacrent en moyenne une heure de plus par jour au travail ménager que les hommes. Ce qui a donné lieu dans le mouvement féministe à la revendication du partage des tâches ménagères.

 

- L’exclusion: C’est lorsqu’un groupe subi une discrimination sociale qui rend difficile si ce n’est impossible son accès à certains travaux. Par exemple, les personnes en situation de handicap ou transidentitaires peuvent être confrontées à des formes d’exclusion en dépit de leurs compétences pour réaliser une tâche.

 

Conséquence:

 

- les rétributions du travail: Les rétributions d’un travail peuvent être matérielles ou symboliques. En définitif, l’analyse de ces différents mécanismes permettent d’étudier les inégalités dans les rétributions d’un travail. Une rétribution égale du travail ne garantie pas nécessairement une absence d’inégalité dans le procès de travail. Par exemple, les rétributions liées aux produits du travail peuvent être les mêmes pour tous alors que le temps que chacun peut y avoir mis va être inégal.

 

- Position sociale et rétributions: Il est également possible d’analyser les décalages entre le statut, le travail effectué et les rétributions. Par exemple, c’est le cas, lorsque un salarié est rémunéré pour un travail à des conditions inférieures au niveau de qualification qu’exige ce travail. La convention collective dans le privée est censée aider à lutter contre ce type d’abus.

 

Les différentes catégories de travail:

 

Il est possible de repérer une tripartition sociale du travail qui est présente dans l’Antiquité et qu’identifie Hannah Arendt par exemple sous la forme le citoyen (théoria et action), l’artisan (la fabrication technique: l’oeuvre), l’esclave (le labeur).

 

- Le travail de conception: il s’agit d’un travail qui caractérise les activités intellectuelles. Il consiste à imaginer le contenu du travail. Il s’agit du travail comme “projet”. Historiquement, certains groupes sociaux ont été exclus des travaux de conceptions ou intellectuels. C’est en particulier le cas des femmes. Cela continue encore d’être le cas dans une certaine mesure quand leur travail est jugé inférieur: par exemple en philosophie peu de femmes sont reconnues. Le travail de conception ne doit pas cependant être confondu avec le pouvoir de prendre les décisions. Par exemple, dans une entreprise des ingénieurs peuvent imaginer des projets, mais pour autant ce n’est pas nécessairement eux qui prendront la décision de les mettre en oeuvre. Il faut donc distinguer entre travail de conception et pouvoir de décision.

 

- Le travail technique: Le travail technique repose sur une compétence spécifique qui concerne l’adéquation des moyens aux fins. Le ou la technicien-ne ne conçoit pas nécessairement le projet, mais possède les compétences techniques pour mettre en oeuvre la réalisation du travail. Anthropologiquement, dans nombre de société, y compris les sociétés capitalistes modernes, les compétences techniques, liés aux outils ou aux machines, sont plutôt socialement détenus par les hommes plutôt que par les femmes (voir Paola Tabet).

 

- Le travail d’exécution: Ce travail ne demande aucune qualification technique ou intellectuelle spécifique. Ce qui peut laisser supposer une certaine interchangeabilité des personnes qui est plus difficile à obtenir sans formation spécifique dans les travaux techniques ou de conceptions qualifiés. Le travail d’exécution peut néanmoins supposer une différence d’habilité acquises avec le temps. En revanche, le problème de type de tâche c’est qu’elles peuvent être chronophages et jugées aliénantes (au sens où elles ne permettent pas de développer des compétences intellectuelles qui seraient proprement humaines). Un des enjeux de l’histoire des sociétés a été souvent de faire faire ces tâches par certains groupes sociaux afin de libérer du temps de loisirs pour d’autres ou pour s’enrichir. Dans l’Antiquité grecque, les esclaves effectuent ces tâches tandis que les citoyens, surtout l’aristocratie, peuvent libérer du temps pour se consacrer au loisir entendu comme le temps consacré à l’étude (la théorie: sciences , philosophie ) et à la politique (l’action)…L’un des enjeux de la réduction et du partage du temps de travail a été de dégager du temps de loisirs (à distinguer du divertissement des masses média) pour les personnes qui étaient socialement réduites aux tâches d’exécution (ouvriers non-qualifiés ou manoeuvre). C’est l’enjeu par exemple, lorsque le mouvement ouvrier réclame la journée de 8h: 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs.

 

C'est sur la base de cette tripartition qu'est organisée la fonction publique avec les catégories A,B et C.

 

Conclusion:

Ainsi, l’étude de la production des inégalités au travail nécessite de prendre en compte plusieurs paramètres qui sont en particulier:

- la position sociale de la personne (ex: son sexe, la classe sociale de ses parents, son origine migratoire, son niveau de qualification et son type de qualification, sa situation de handicap, son orientation sexuelle, son apparence de genre…)

- la réalité du travail effectué (ex: le temps de travail, travail de conception, technique ou d’exécution..)

- la répartition des rétributions symboliques et matérielles du travail effectué  

Matérialisme sociologique : inégalités sociales et discriminations



Nous appelons matérialisme sociologique une approche qui n’a pas une prétention à réduire tous les faits sociaux à des réalités économiques, mais qui considère que la dimension du fonctionnement économique ne doit pas être oblitéré au profit uniquement d’une approche en termes de normes culturelles.

Différentiel et discriminations

La notion de discrimination a peu fait l’objet d’une réflexion philosophique. Au sens strict, la discrimination renvoie à un traitement différencié et inégal. En soi, la discrimination semble presque pouvoir être modélisée de manière mathématique. Par exemple, payer une personne moins bien qu’une autre sur la base d’une variable sociologique peut être considérée comme un discrimination. Ces variables peuvent être le poids, l’accent linguistique, le sexe, la religion, la couleur de peau…

Il est possible de remarquer que plusieurs espaces sociaux génèrent des discriminations : le marché du travail, le logement, les services publics…

Les personnes discriminées vont subir plusieurs formes de traitement défavorables : valeur économique différente (paye moindre ou au contraire coût plus élevé), mise à l’écart.

La discrimination semble apparaître comme le produit d’un mécanisme social qui attribue une valeur différentielle à chaque groupes sociaux. C’est comme si les individus en fonction de leur position sociale n’avaient pas une valeur égale sur le marché de l’emploi, sur le marché du logement…

 

Certains profils sociologiques semblent plus valorisés tandis que d’autres au contraire apparaissent comme ayant une moindre valeur relativement à des variables sociales.

 

On a l’impression qu’il pourrait être possible de calculer mathématiquement la valeur différentielle attribuée à chaque groupes sociaux, mais également au croisement des variables multiples (intersectionnalité)

 

Le marché du travail, mais également certainement celui du logement, sont des espaces privilégiés pour mesurer le poids respectif de chaque variable et du croisement des variables dans la mesure où toute personne, ou du moins la très grande majorité d’entre elles, se trouvent à aller chercher un emploi et un logement.

 

On a l’impression également que la valeur des personnes n’est pas exactement la même selon les espaces sociaux: être une femme peut être moins valorisée pour trouver un travail bien payé, mais être plus valorisé en tant que locataire.

 

La cause de ces mécanismes de différentiations sociales

 

La question qui pose mystère au sociologue est de comprendre pourquoi ces différentiations. Ne sont-elles que le produit de préjugés qui sont dans la tête des personnes ou ont-elle d’autres origines dans l’organisation sociale ? Autre question: ces différentiations ont-elles des origines diverses ou existe-t-il un mécanisme social général qui se trouve en mesure d’en rendre compte ? Ce mécanisme général, s’il existe, n’est-il qu’un mécanisme psychologique (comme le préjugés) ou d’origine socio-historique ?

 

Il est possible également de se demander si ce différentiel n’est pas en lien avec la valeur imaginaire économique ou productive attribuée à chaque groupe: certains groupes sont considérés comme moins productifs ou improductifs.

 

Mais la discrimination peut apparaître comme la surface d’un mécanisme social plus profond dont elle ne serait que l’effet, mettant en jeu des intérêts sociaux plus profond.

 

Ainsi, il est aussi possible de se demander si les individus ne sont pas perçus de manière différentiel car cela permet ainsi de moins les payer par exemple et donc de davantage les exploiter. De ce fait, le salaire d’un ouvrier sera moindre que celui d’un cadre, celui d’une femme moindre que celui d’un homme…

 

Le différentiel conduit à produire des inégalités sociales et des groupes qui bénéficient a contrario de privilèges sociaux, en particulier économiques.

 

L’approche matérialiste consiste à considérer que ces différentiels sont en lien avec les divisions sociales inégales du travail: espace domestique et marché de l’emploi, travail productif et travail reproductif…

 

Ainsi pourquoi y aurait-il par exemple des préjugés négatifs sur les homosexuels ? Parce qu’ils apparaissent comme improductifs relativement au travail reproductif.

 

Le travail aurait alors une place centrale dans l’explication des phénomènes sociaux car l’ensemble des discriminations et des inégalités sociales seraient en lien avec ces divisions sociales du travail.

 

Ces divisions s’expliqueraient par le fait qu’elles permettent à certains groupes de tirer profit du travail d’autres groupes: les hommes du travail des femmes, la bourgeoisie du travail du prolétariat, les colonisateurs des colonisés…

 

La colonisation constitue l’exemple d’un processus qui ne relève pas du simple préjugés qui produit de la discrimination. Un Etat décide d’envahir un territoire et une population et de la soumettre à son joug, de mettre en oeuvre des politiques de ségrégation sociale. Il peut ensuite les justifier par un discours de légitimation comme le racisme.

 

Mais plus encore, à partir du moment où la rationalité économique formelle du marché devient dominante, plus il est possible de considérer que la valeur différentielle de chaque positionnalité sociale est de plus en plus déterminée par la logique marchande: l’emploi et le logement sont organisés selon les principes d’un marché en idéal organisé selon une concurrence libre et non faussée.

 

Mais la réalité, c’est qu’en réalité certains individus sont discriminés. Chaque individu n’est pas un agent abstrait sans qualités sociales: pour les recruteurs et les logeurs ces individus ont un sexe et une couleur de peau.

 

Conclusion:

 

Ce qu’il apparaît important de retenir en l’état donné de la réflexion, c’est que les discriminations sont des mécanismes sociaux de différentiations inégales entre les personnes contribuant à leur attribuer une valeur différentielle (d’ordre économique), relativement à des variables sociologiques, dans différents espaces sociaux tels que le marché du travail ou encore du logement.

 

Cette définition semble relativement objective. En effet, il est possible de constater sociologiquement à partir d’études quantitatives que certains groupes sociaux sont plus ou moins discriminés dans des espaces sociaux donnés.

 

Ce qui pose davantage question est de comprendre ce qui produit cela. En particulier, il existe deux questions fondamentales: existe-t-il un seul mécanisme social ? Ce mécanisme a-t-il une autre origine que psycho-sociale ?

 

 

 

 

 

Fiche: division du travail et inégalités à l’école et dans la société

 

 

Cette fiche a pour objectif de proposer à des syndicalistes de l’Education Nationale un outil pour interroger des éléments sur la comparaison de la division du travail et les inégalités dans l’institution scolaire et dans la société.

 

Ce petit questionnaire permet de fournir une base de discussion autour de problématiques liées au travail au sein de l’Education nationale:

 

- La ségrégation horizontale* du travail entre homme et femme est-elle plus présente dans l’institution scolaire qu’en moyenne dans le reste de la société ? (* proportion des hommes et des femmes dans les secteurs professionnels)

 

- La ségrégation verticale* du travail entre hommes et femmes est-elle plus moins présente dans l’institution scolaire que dans le reste des secteurs d’activité de la société ? (* notion liée au phénomène de plafond de verre en fonction du niveau des postes)

 

- Quel est le niveau de salaire des enseignant-e-s en France relativement à la moyenne européenne ?

 

- Quel est le niveau de salaire des enseignant-e-s relativement à la moyenne des Bac+ 5 en France ?

 

- Le fait de réserver les emplois de fonctionnaire enseignant-e-s au personnes de nationalité européenne est-elle ou non répandu dans les autres pays d’Europe ? Y-a-t-il des pays qui ne le font pas ?

 

- Quelle est la proportion de personnels en situation de handicap dans l’Education nationale relativement aux autres secteurs professionnels ?

 

 

 

 

 

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La notion de conscientisation (mer., 17 oct. 2018)
  Ci-joint un diaporma qui présente la notion de conscientisation en pédagogie critique en distinguant trois niveaux de conscience: la conscience critique, la conscience critique culturelle et la conscience critique matérialiste.  Télécharger La notion de conscientisation Trois niveaux de conscience sociale: la conscience quotidienne, la critique culturelle et la critique matérialiste. La notion de conscientisation.pdf Document Adobe Acrobat 214.7 KB Télécharger
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Pédagogie critique dans la classe coopérative (mar., 16 oct. 2018)
    La pédagogie critique constitue une approche qui vise à interroger les pratiques pédagogiques en lien avec les thématiques de justice sociale.   Les approches de la pédagogie critique peuvent être mises en œuvre en lien avec différents types de pédagogies. Mais elle peut permettre en particulier d’interroger à de nouveaux frais les pratiques de la pédagogie coopérative   Quelques pistes :   - Le texte libre au prisme de la pédagogie critique :   l est possible de retravailler à partir des textes libres des élèves les propos  traduisant l’emprise d’une culture des masses médias tourné vers le consumérisme présent dans les production des élèves. Le texte libre peut être une base pour travailler un processus de conscientisation des élèves sur ces questions.   Voir par exemple : Collectif, L’enfant consommateur : variations interdisciplinaires sur l’enfant et le marché, Vuibert, 2005.   - Les messages clairs au prisme de la pédagogie critique :   Le message clair peut-être un outil qui permet de réfléchir sur la violence à l’école sous l’angle du genre. En effet, dans l’auto-défense féministe on trouve une partie sur la défense verbale qui se rapproche des messages clairs car les deux approches s’appuient sur la communication non-violence.   Voir sur violence et école : Les violences à l’école, une oppression viriliste - https://www.nogynophobie.org/media/rapport-violences-sexiste-ecole-2018.pdf   Sur la défense verbale féministe : Auto-défense verbale féministe - https://santeactivesolidaire.files.wordpress.com/2015/03/autodc3a9fense-verbale-basse-dc3a9f.pdf   - Le conseil coopératif au prisme de la pédagogie critique :   - La prise de parole et les rapports sociaux de sexe : dans quelle mesure les prises de parole dans le conseil coopératif reproduisent ou non les rapports sociaux de sexe ?   Voir : la répartition des tâches de conversation entre les hommes et les femmes - https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=239   - Le conseil coopératif comme vecteur pour un travail sur des notions telles que : citoyen/démocratie, démocratie représentative/directe, coopérative ouvrière/entreprise, autogestion, conseils ouvriers...   - Les ateliers coopératifs  au prisme de la pédagogie critique:   Le travail de groupe peut faire l’objet d’une analyse visant à déterminer comment sont constitués les groupes et comment se répartie le travail en fonction : de la classe sociale des élèves, de leur sexe, de leur origine migratoire. Constate-t-on des répartitions inégalitaires ?   Les pratiques coopératives au prisme de la sociologie critique :   Enfin, une interrogation qui doit être présente consiste à être vigilant à ce que les pratiques pédagogiques mises en œuvre afin de ne pas produire de malentendus socio-cognitifs et d’être explicite relativement aux implicites scolaires qui sont maîtrisés de manière inégalitaire par les élèves.   Voir : S. Bonnery, Comprendre l’échec scolaire, La Dispute, 2007.      
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Grille d’observation de la division sociale du travail dans différents espaces

 

 

La grille ci-dessous vise à objectiver la division du travail dans différents espaces.

 

Bien souvent les militants qui veulent effectuer une critique des discriminations et des inégalités sociales en reste à une simple déconstruction des normes et des représentations.

 

Les plus déconstruits seraient celles et ceux qui ont le discours le plus “politiquement correct”. La grille ci-dessous prétend aller plus loin en fournissant un outils d’objectivation qui ne se contente pas de grands discours et qui objective les pratiques. Ne nous payons pas de mots: observons les pratiques.

 

Observons les rapports sociaux en pratique et l’intersectionnalité de ces rapports: comment dans la division du travail s’agencent le sexe, la race et la classe sociale ? Il est ainsi possible qu’en situation un rapport social prenne le pas sur d’autres. Qui détient véritablement le pouvoir en analysant la manière dont s’organisent les tâches: qui prend les décisions, qui effectue les tâches chronophages et peu valorisées...

 

Cette grille d’observation peut être utilisée sur des lieux de travail, dans des espaces militants ou associatifs…

 

La grille d’observation vise à objectiver la division sociale du travail sous différents angles: conversationnel, prise de décision, répartition des postes, effectuation réelle des tâches. Elle prend en compte également les phénomènes d’exclusion: le fait qu’un groupe soit sous-représenté ou absent.

 

Thématiques d’observation

Comptabilisation

Le travail conversationnel (1):

comptabiliser la répartition des prises de parole, le temps de parole, les interruptions...

- entre personnes assignées socialement comme hommes/femmes (2)

 

- entre catégories professionnelles (3)

 

- entre personnes perçues socialement comme racisés et blancs (4)

 

La répartition des postes

Comptabiliser comment chaque groupe est réparti dans les postes en fonction de son groupe social (sexe, race, classe): poste de direction, poste d’exécution

La répartition des prises de décision

Comptabilisation des prises de décision en fonction de l’importance de la décision et du groupe social des personnes (sexe, race, classe)

La répartition des tâches

Déterminer les différentes tâches et le temps passé sur chaque tâche par chaque individu en fonction de son groupe social (sexe, race, classe) 

Exclusion

Y-a-t-il des groupes sociaux qui sont absents ou sous-représentés ? Y-a-t-il des tâches qui ne sont pas rendues accessibles ( en particulier aux personnes en situation de handicap)?

 

(1) Corrine Monnet. URL: https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=239

(2) On ne se basera pas ici sur les auto-catégorisation, mais sur les assignations sociales.

(3) Lorsque les personnes ne sont pas encore en âge travailler, il est possible de prendre en compte le CSP des parents, ou le niveau de formation des personnes.

(4) Il s’agit ici de “perçues comme” et non pas de réalités biologiques.

 

 

Revue recherches féministes 2018: Pédagogies féministes

 

 

RECHERCHES FÉMINISTES, VOLUME 31 No 1, 2018 PÉDAGOGIES FÉMINISTES ET PÉDAGOGIES DES FÉMINISMES

 

PRÉSENTATION 1 … Les pédagogies féministes et les pédagogies des féminismes : une mise en perspective Geneviève Pagé, Claudie Solar et Eve-Marie Lampron

 

ARTICLES 23 … La pédagogie féministe : sens et mise en action pédagogique Anastasie Amboulé Abath, Marie-Ève Campbell et Geneviève Pagé 45 …

 

La pédagogie féministe intersectionnelle socioconstructiviste de Relais-femmes dans son travail d’accompagnement-formation : des compétences à développer Louise Lafortune, Lise Gervais, Berthe Lacharité, Josiane Maheu, Anne St-Cerny, Nancy Guberman, Danielle Coenga-Oliveira et Priscyll Anctil Avoine 65 …

 

Quand la créativité suscite la prise de conscience féministe France Huart et Manon Voyeux 83

 

… La construction du parcours éducatif et professionnel des femmes paraplégiques : s’émanciper par la potentielle contribution des pédagogies féministes d’inspiration freirienne et poststructuraliste Elena Pont 105 …

 

Les rapports sociaux de sexe dès la petite enfance : une analyse de genre du Programme éducatif des services de garde du Québec, Accueillir la petite enfance Josée Trudel 123

 

… Déconstruire le manuel d’histoire pour (re)construire des savoirs plus justes : récit de pratique en formation initiale et continue des enseignantes et des enseignants Marie-Hélène Brunet et Stéphanie Demers 141

 

… Une méta-analyse de récits de pratique de formatrices et de formateurs : l’élaboration d’un savoir collectif pour former le personnel enseignant à la déconstruction du genre Gaël Pasquier et Gabrielle Richard 161

 

… La leçon de La leçon de discrimination Joëlle Magar-Braeuner 179 … Dépasser les « éducations à » : vers une pédagogie de l’égalité en formation initiale du personnel enseignant 

Différence entre pédagogie inclusive et pédagogie anti-discrimination

 

 

La pédagogie inclusive: “Dans un idéal d’inclusion, il s’agit surtout de supprimer les phénomènes d’exclusion créés par l’école, en particulier l’échec scolaire, pour parvenir à une intégration de tous les élèves dans leur diversité.” (Def. E.Herbaut, 2011).

 

La pédagogie inclusive met davantage en avant la notion de diversité que d’égalité.

 

Elle s’inscrit dans une vision libérale du monde. La diversité doit être tolérée et elle est même valorisée comme une source de richesse pour l’économie.

 

(Voir par exemple: Neuro-diversité et entreprise: https://emploi.handicap.fr/art-neurodiversite-travail-video-1078-10734.php )

 

Type de problèmes pris en compte par la pédagogie inclusive:

  • les élèves et les familles allophones

  • l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap

  • le harcèlement scolaire des élèves LGBT

ect...

 

La pédagogie anti-discrimination présuppose une égalité traitement. Il y a discrimination lorsque l’égalité de traitement est rompue.

 

La valeur qui est donc présupposée dans la pédagogie anti-discrimination n’est pas la diversité, mais l’égalité en droits.

 

Certains auteurs ont pu opposer la lutte contre les discriminations et la lutte contre les inégalités sociales générées par les inégalités sociales économiques (1).

 

Néanmoins, il est possible de noter qu’avec l’introduction du critère en 2016 de “discriminations en raison de la situation économique”, cette opposition est moins valable.

 

La pédagogie anti-discrimination se penche sur l’analyse des différenciations entre élèves liés à des critères illégaux: sexe, situation économique, apparence de genre, handicap…

 

Cette différences de traitement peuvent être effectuées par le personnel scolaire ou par d’autres élèves.

 

La pédagogie anti-discrimination est conduite à prendre en compte des dimensions que ne prend pas en considération l’éducation inclusive comme par exemple les différenciations d’orientation entre filles et garçons.

 

Ces filles et ces garçons peuvent être bien inclus dans le système scolaire, mais le problème, c’est l’existence d’orientation scolaire qui ne sont pas égalitaires et qui aboutissent à rompre le principe de mixité. On peut considérer qu’une filière d’orientation ou un emploi n’est pas mixte lorsqu’il y a moins de 35% de l’un ou de l’autre sexe.

 

Conclusion:

Même si la pédagogie inclusive et la pédagogie anti-discrimination se recoupent, elles ne sont pas exactement équivalentes. La pédagogie inclusive se focalise sur les causes qui éloignent les élèves de l’école ou conduisent à l’échec scolaire.

 

La pédagogie anti-discrimination se situe plus en lien avec des principes philosophiques: la lutte contre les différenciations qui rompent avec l’objectif philosophico-politique d’égalité.

 

 

  1. Alain Beitone et Estelle Hamdane, “ La lutte contre les discriminations certes, et les inégalités ? “, 2016 - https://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article230

Paulo Freire: L’impossible séparation de la théorie et de la pratique

 

 

Paulo Freire, extrait de « L’action culturelle pour la liberté » (1976)

 

 

De là, dans cette perspective critique, il est tellement important de développer, chez les apprenants comme chez l’éducateur, une pensée exacte sur la réalité. Et cela ne se fait pas à travers le bla-bla-bla, mais dans le respect de l’unité entre la pratique et la théorie.

 

Il est nécessaire, réellement, de libérer la théorie, de l’erreur dont elle couramment victime, et pas seulement en Amérique latine, selon laquelle est elle est identifiée au verbalisme, comme bla-bla-bla, comme perte de temps.

 

Cela est ce qui explique l’expression tant répétée parmi nous : « Si l’éducation en Amérique latine n’était pas tant théorique, mais plus pratique, les résultats seraient autres » ou « il est nécessaire de diminuer les cours théoriques ».

 

Cela explique aussi la division qui est faite entre les hommes et les femmes théoriciens et praticiens, mettant certains et certaines en marge de l’action, tandis que les seconds la réalise. La séparation, cependant, devrait être faite entre théoriciens et verbalistes. Dans ce cas, les premiers doivent être aussi praticiens.

 

Ce que l’on doit opposer à la pratique n’est pas la théorie, de laquelle elle est inséparable, mais le bla-bla-bla ou la pensée fausse.

 

Ainsi, comme il n’est pas possible d’identifier la théorie avec le verbalisme, il n’est pas non plus possible d’identifier la pratique avec l’activisme. Au verbalisme, il manque l’action, à l’activisme, la réflexion critique sur l’action.

 

Il n’est pas étrange, cependant, que les verbalistes, s’isolent dans leurs tours d’Ivoire et considèrent avec mépris ceux qui se consacrent à l’action, tandis que les activistes considèrent ceux qui pensent l’action, comme des intellectuels nocifs, des théoriciens, des philosophes, qui ne font rien d’autres que d’obscurcir l’activité.

 

Pour moi, qui me situe parmi ceux qui n’acceptent pas la possible séparation entre la théorie et la pratique, toute pratique éducative implique une théorie éducative.

 

 

 

Fiche : Monter un collectif de pédagogies radicales

 

 

Monter un collectif de pédagogies radicales ? C’est très simple.

 

Il faut être quelques personnes qui ont envie de se former, de discuter, de réfléchir et d’expérimenter des pédagogies radicales dans n’importe quel secteur de l’enseignement, de l’éducation ou de la formation.

 

Comme tout collectif, on peut se fixer des réunions pour discuter, crée une liste mail pour échanger des informations ou encore créer un blog pour partager avec d’autres des textes, des expérimentations ou encore des discussions.

 

N’hésitez pas à prendre contact avec l’IRESMO et le réseau de pédagogies radicales.

 

Voici quelques ressources et contacts pour commencer :

 

IRESMO – Paulo Freire et la pédagogie critique :

https://iresmo.jimdo.com/2016/09/11/dossier-paulo-freire-et-la-p%C3%A9dagogie-critique/

 

Irène Pereira, Paulo Freire – Pédagogue des opprimé-e-s, Paris, Libertalia, 2018.

 

Site Internet Pédagogies anti-discrimination - http://pedagogie-antidiscrimination.fr/

 

SVT Egalité - http://svt-egalite.fr/

  

Institut bell hooks/Paulo Freire - https://emancipaeda.hypotheses.org/

 

Etre des allié-e-s, Revue Desgénérations, n°28 - http://www.desgenerations.com/72-etre-des-alliees

Charte du réseau de pédagogies radicales

 

Cette page présente le réseau pédagogies radicales. 

 

Réseau d'échange d'informations et de mises en relation. 

 

Charte du réseau: 

 

1. Le réseau de pédagogies radicales réunie des structures (collectifs, associations, site internet…) qui désirent développer des pédagogies radicales en France.

 

2. Les pédagogies radicales se situent entre autres dans la continuité de l’œuvre de Paulo Freire. Elles regroupent les pédagogies : critiques, féministes, anti-racistes, décoloniales, queer, éco-pédagogie, anti-oppression, anti-discrimination….

 

3. Ces pédagogies visent à favoriser la justice globale – sociale et environnementale -. Elles ont pour objectif de lutter contre les inégalités sociales et les discriminations de toutes sortes : classisme, sexisme, racisme, LBGTIQphobies, handipohobies…

 

4. Les pédagogies radicales visent à développer des alliances entre différentes actrices et acteurs du monde éducatif : enseignant-e-s, formateurs/trices, éducateurs/trices… dans le primaire, le secondaire, le supérieur, l’éducation populaire, la formation syndicale, associative ou militante…

 

5. Les membres du réseau de pédagogies radicales se donnent pour objectif de favoriser le développement des mouvements sociaux d'émancipation et de lutter contre la néo-libéralisation de l’éducation.

 

6. Le réseau de pédagogies radicales vise à développer dans les mondes francophones les pédagogies radicales (critiques, féministes, anti-racistes, décoloniales, queer, éco-pédagogie…) en lien si possible avec des réseaux d’autres aires linguistiques (anglophones, hispanophones, lusophones…)

 

7. Le réseau de pédagogies radicales se donne pour mission de faire circuler l’information entre les membres du réseau (via une liste de diffusion).

 

8. Le réseau de pédagogies radicales vise à permettre à ces structures membres d’organiser ensemble des évènements de pédagogies radicales.

 

9. Le réseau de pédagogies radicales a pour objectif de développer les relations entre différents membres qui désirent développer des projets de pédagogies radicales : publications, recherches-actions, formations….

 

10. Chaque structure est indépendante. Néanmoins pour être membre du réseau, elle doit respecter les valeurs de la charte du réseau.

 

Si vous montez un collectif de pédagogies féministes, critiques ou autres pédagogies radicales, n’hésitez pas à prendre contact avec le réseau.

 

N’hésitez pas à faire circuler cette charte auprès de collectifs qui pourraient souhaiter rejoindre le réseau.

 

Pour devenir membre, contacter l’IRESMO : https://iresmo.jimdo.com/contact/

 

Membres fondateurs:

 

Centre numérique de la documentation francophone Paulo Freire

 

Institut bell hooks/Paulo Freire

 

IRESMO - Recherche et formation sur les mouvements sociaux

 

Membres ayant rejoints le réseau: 

 

SVT . Egalité

 

Aggiornamento hist-geo

 

Pour une éducation populaire d'auto-organisation

 

Scop L'engrenage

 

Questions de classes

 

Sud éducation 93

 

Comment monter un collectif de pédagogies radicales ? Réponse Ici

 

« Si le sectarisme est le propre du réactionnaire, la radicalisation est le propre du révolutionnaire. C’est pourquoi la pédagogie des opprimés qui suppose un engagement radical ne peut être entreprise par des esprits sectaires » (P. Freire)

 

"Nous ne pensons pas que le radical authentique puisse devenir un objet docile de la domination. En tant que radical dans le processus de libération, il ne peut rester passif face à la violence de l'oppresseur" (Paulo Freire).

 

 


Actualités des membres du réseau


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