Animer un atelier d'éducation populaire

 

 

L’animation des ateliers d’éducation populaire oscille entre deux modèles opposés qui ne donnent pas nécessairement satisfaction. Il s’agit de proposer ici une forme d’animation qui évite les deux écueils présentés.

 

Le modèle de la conférence

 

Le modèle de la conférence est adapté à un public nombreux. Il est très transmissif et laisse peu de place à l’interaction et à la participation. Il peut se justifier lorsque le volume du public et de la salle l’impose. Mais cela devient problématique lorsque ce qui devait être un atelier se transforme en conférence de la part de l’intervenant.

 

Le modèle du café citoyen

 

Dans ce modèle, ce qui est valorisé, c’est la libre expression. Il n’y a pas d’intervenant qui ait un statut de spécialiste. Chaque personne peut intervenir librement du moment qu’il respecte le dispositif formel: tours de parole, temps de parole…

Ce type de dispositif peut susciter l’enthousiasme des participants au départ. Mais, il peut également générer de la frustration chez des personnes qui viennent pour augmenter leur savoir sur certains domaines et non pas simplement pour échanger des opinions sur un sujet.

Il est possible d’améliorer ce dispositif en faisant en sorte qu’une personne qui a déjà bien réfléchi au sujet traité joue le rôle d’intervenant socratique. Sa fonction est alors de poser une question à celui qui a pris la parole et qui l’oblige à justifier plus avant son propos.

 

L’atelier de recherche participatif

 

Dans ce type d’atelier, il n’existe pas non plus d’intervenants en situation d’expertise. Il est néanmoins possible qu’un ou plusieurs participants amènent de la documentation. Les participants cherchent ensemble à acquérir les savoirs qui leur manquent. Ils font confiance aux capacités de socio-construction des savoirs du groupe.

Néanmoins, la difficulté peut tenir à la différence de niveau entre les participants dans la capacité à apprendre de manière autonome, même en groupe. Ces capacités sont socialement construites et de ce fait inégalement réparties entre les individus.

Pour que ce type d’expérience réussisse, il est nécessaire d’aider ceux qui sont le plus en difficulté en leur fournissant des stratégies efficaces qui leurs permettent de pouvoir construire les savoirs.

 

L’atelier d’expertise participatif

 

Il s’agit de proposer une forme d’atelier qui vise à faire en sorte que les participants ressortent avec davantage de connaissances sur le sujet qu’ils n’en possédaient au départ.

 

Cela suppose un ensemble de pré-requis de la part de l’intervenant de l’atelier:

  • posséder un haut niveau de connaissances sur le sujet abordé

  • posséder des qualités de structuration du propos et de clarté d’exposition

  • être capable de laisser les personnes poser des questions et de laisser se déployer du débat.

 

Un tel type d’intervention demande donc des capacités d’adaptation qui permettent de passer d’une posture d’intervenant à celle d’animateur et inversement.

 

Au début de l’atelier, l’intervenant procède à un tour de table où il demande aux participants: pourquoi ils viennent à cet atelier, quelles sont leurs attentes et quelles sont leurs demandes (environ 10 min).

 

Il s’agit à ce moment pour l’intervenant de:

  • se faire une idée du niveau de connaissance des participants sur le sujet

  • synthétiser une présentation organisée et claire qui permette de mettre les différents participants à niveau et de répondre aux attentes des participants

  • si c’est possible, de s’appuyer durant la présentation sur l’expérience des participants.

 

Si la présentation n’est pas interactive, il faut alors qu’elle ne soit pas trop longue (15 min- 20 min).

 

Une fois la présentation synthétique terminée, il est possible de passer à un phase de questions et de discussion entre l’intervenant et les participants, mais également entre les participants.

 

 

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