La forme scolaire et l’aliénation cognitive

 

 

La forme scolaire impose par ses contraintes une aliénation cognitive en favorisant des stratégies d’apprentissage contre-productives chez les élèves.

 

La forme scolaire induit chez les élèves de mauvaises habitudes intellectuelles:

 

  • Les enseignants n’explicitent pas les enjeux de savoirs qu’ils ne maîtrisent pas toujours eux-mêmes. Les élèves prennent l’habitude d’apprendre des curricula dont ils ne comprennent pas les enjeux.

 

  • Les élèves prennent l’habitude d’apprendre des savoirs sans être capables de les appliquer pour comprendre le monde et sans être par exemple capables de les rapporter aux actualités afin de mettre celles-ci en perspective.

 

  • Les élèves prennent l’habitude de travailler pour la note et non pas pour comprendre les savoirs en eux-mêmes. Ils développent des motivations scolaires extrinsèques.

 

  • Les élèves prennent l’habitude d’effectuer des apprentissages de surface qu’ils mettent en place pour réussir l’examen et qu’ils oublient sitôt passée l’épreuve.

 

  • Les élèves sont incapables de faire des liens entre des matières différentes qu’ils apprennent et de structurer les informations en les liant entre elles sans se limiter aux barrières disciplinaires.

 

  • Les élèves prennent l’habitude de restituer ce que demande l’enseignant sans essayer d’aller au-delà dans leurs réponses, sans se demander ce qu’ils pourraient dire de personnel et d’original sur le sujet.

 

  • Les enseignants ne prennent pas le temps de construire un rapport critique aux savoirs. Ils se contentent de traiter le programme sans instaurer un rapport métacognitif aux programmes.

 

  • Au nom des savoirs scolaires, est occulté le fait que, pour répondre adéquatement à un problème, un sujet doit mobiliser l’ensemble des connaissances qu’il a en mémoire et non pas seulement des connaissances scolaires.

 

La résistance à ce type de rapport induit par la forme scolaire:

 

Toute la difficulté pour l’enseignant consiste à ne pas se laisser prendre dans la contrainte de la forme scolaire et se contenter de traiter le programme. Cela suppose d’être capable de faire plus que de traiter le programme. Pour cela, il faut avoir construit soi-même, en tant qu’enseignant, un rapport au savoir qui permette de construire un rapport critique aux savoirs.

 

  • Effectuer avec les élèves des entretiens d’explicitation mentale qui conduisent à mettre en valeur le type de rapport aux savoirs qu’ils ont construit et les obstacles pédagogiques.

 

  • Mettre en oeuvre avec les élèves un rapport métadiscursif (métacognition, secondarisation…) qui amène à s’interroger sur le sens des savoirs scolaires et construire une distance critique.

 

  • Décentrer la motivation des élèves des notes, en valorisant l’effort de travail et pas seulement la performance.

 

  • Encourager, pour les notes les plus hautes, un type de production scolaire qui suppose une évaluation critique et créative.

 

 

 

 

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