L’holisme environnemental



Depuis l’Antiquité, il a existé une pensée philosophique occidentale qui a considéré la nature comme un organisme vivant. La science moderne a rejeté cette conception du côté d’un irrationalisme animiste. Pourtant, il est possible de se demander dans quelle mesure certaines théories écologistes actuelles ne redonnent pas une place à cette conception du monde ?


Clifford D. Connor, dans son Histoire populaire des sciences, rappelle comment les conceptions hylozoïstes de Giordano Bruno à Mesmer ont eu une prétention à une reconnaissance scientifique. Mais il montre également comment ces conceptions ont été perpétuellement remises en question et critiquées comme irrationnelles par la science moderne.


Si le statut scientifique de ces théories peut sembler clair, cela n’est en réalité pas socialement si évident que cela. En effet, s’appuyant sur une conception énergétique de la médecine, l’acupunture (et de manière générale la médecine traditionnelle chinoise) jouit d’une reconnaissance académique en Chine. Cette reconnaissance n’est pas totalement absente non plus en France puisque il existe des diplômes universitaires validant cette pratique.


Outre les médecines alternatives, c’est dans le domaine de l’écologie politique que l’on voit apparaître la reconnaissance de théories se rapprochant de l’hylozoïsme ou d’une spiritualité animique. Ainsi, la Bolivie, en 2010, reconnu au sein de sa législation nationale des droits de la Terre, liée à une conception reposant sur le culte des populations indiennes à la Terre mère.


Les théories philosophiques actuelles les plus proches de cette conception du monde sont celles qui s’inscrivent dans une vision holiste de l’écologie faisant intervenir la notion de communauté biotique (ethique ecocentrée). C’est le cas de l’Ethique de la Terre de John Baird Callicot. On trouve également une référence à une vision holiste de l’écologie dans l’écologie sociale d’inspiration libertaire, initiée par Murray Bookchin.


Ces philosophies de l’écologie font parfois référence à une hypothèse scientifique contestée: l’hypothèse Gaia. Hypothèse initiée par James Lovelock, l’hypothèse Gaïa induit une comparaison métaphorique, considérée par son promoteur comme heuristique, entre la Terre et un organisme vivant. Une telle conception conduirait à considérer sur le plan biologique, la terre comme un individu.


Bibliographie:


Bookchin Murray, The Ecology of Freedom (1982)

Callicot John Baird, Ethique de la terre, Wildproject, 2010.

Conner D. Clifford, Une histoire populaire des sciences, La découverte, 2011.

Déclaration Universelle des droits de la Terre mère (2010)

Dutrueil Sebastien, “Pourquoi des écologistes font appel à l’hypothèse Gaïa ?”, Intervention au colloque Penser l’écologie 1, (2014)

Larrère Catherine, « Les éthiques environnementales », Natures Sciences Sociétés4/2010 (Vol. 18) , p. 405-413

Naess Arne, Ecologie, communauté et style de vie, Editions MF, 2013.


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Commentaires : 1
  • #1

    Vania Serra (mardi, 31 janvier 2017 18:06)


    There is definately a great deal to learn about this subject. I like all the points you've made.