L'avenir du travail face aux nouvelles technologies

 

On peut se demander si l'économie du numérique et l'accentuation de l'automatisation et de la robotisation du travail ne risque pas de conduire à une structure de l'emploi plus socialement clivée.

 

Le développement des nouvelles technologies conduit à poser un certain nombre de questions concernant l'avenir de l'emploi. La première consiste à se demander si l'accentuation de l'automatisation des procès de travail et de la robotisation ne risque par d'entraîner une destruction d'emplois qui ne seront pas néanmoins compensés par ceux créés par les innovations technologiques. La deuxième question vise à savoir si les progrès technologiques actuels ne contribueront pas à radicaliser le rapport social technocratique et à accentuer la lutte des classes au sein du système capitaliste. Ne va pas t'on se retrouver face à un rapport social lié aux instruments de production opposant d'une part une petite élite sociale, détenant à la fois le capital économique et le capital culturel lui permettant d'utiliser comme outils une technologie extrêmement sophistiquée et d'autre part un prolétariat, qui non seulement se trouve dominé économiquement, mais également technologiquement. Un prolétariat au service du fonctionnement d'une économie hautement technologique dont les travailleurs sur-exploités dans les entrepôts d'Amazon constituent déjà un exemple (1).

 

Certains scenarii (2) envisagent la destruction d'une grande partie non seulement d'emplois non qualifiés, mais également d'un certain nombre d'emplois qualifiés. Ainsi une étude publiée aux Etats Unis par deux chercheurs américains prévoie la disparition de 47% des emplois. Pour certains analystes ces destructions d'emplois toucheront des domaines tels que des métiers artistiques (photographie, musique...), le journalisme ou encore l'enseignement par exemple.... Cette destruction d'emploi n'impactera pas alors seulement les classes populaires, mais également les classes moyennes. Subsisteront alors des emplois d'informaticiens ouvriers au service des machines ou des emplois non ou peu qualifiés qui ne peuvent pas être assurés par des machines. Dans ce scenario, on assiste donc à une destruction d'un grande partie des classes moyennes et à la prolétarisation et à la mise au chômage d'une importante partie de la population active.

 

 

Ressources :

 

(1) "Les salariés d'Amazon ? Des poulets en batterie" (2013)

http://www.midilibre.fr/2013/07/18/les-salaries-d-amazon-des-poulets-de-batterie,736050.php

 

(2) Thibault Le Texier, « Misère de l’humanité numérique. La pensée de Jaron Lanier »,La Vie des idées, 29 octobre 2013. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Misere-de-l-humanite-numerique.html

 

« Controverses », Cahier d'enjeux (2014)

http://fing.org/?-Questions-Numeriques,217-

 

Paul Jorion "Pourquoi le travail et l'emploi vont disparaître ?" (2014)- http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/01/15/09005-20140115ARTFIG00399-pourquoi-le-travail-et-l-emploi-vont-disparaitre.php

 

"Dix postes de travail où les robots vont nous remplacer" (France tv info, 2014) - http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/dix-postes-de-travail-ou-les-robots-vont-nous-remplacer_604579.html

 

« Laetia Strauch : Emploi, les perspectives à l'heure de l'automatisation » (2014)

http://www.rslnmag.fr/post/2014/07/10/Emploi-les-perspectives-a-lheure-de-lautomatisation.aspx

 

« Robots : les algorithmes prennent la plume » (Le Monde, 2014)

 

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/06/30/robots-les-algorithmes-prennent-la-plume_4448161_1650684.html

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