Philosophie de la praxis enseignante

 

La philosophie de l’éducation comme pédagogie ne peut que s’attirer l’hostilité de toutes les formes d’idéalisme se situant dans la continuité du platonisme. En effet, il ne saurait exister de science a priori de la pratique enseignante. La philosophie de l’enseignement se situe davantage dans la continuité de la démarche aristotélicienne qui entend partir de la pratique pour en tirer des règles générales.

 

La philosophie de la praxis enseignante n’est pas un pur empirisme. On imagine mal un enseignant arriver dans une salle de classe sans aucune piste de travail. Mais il ne saurait arriver en possession de dogmes intangibles qui ne peuvent pas bouger en fonction de la situation: type de classe, horaire, contexte d’établissement…

 

L’enseignement se rapproche bien plus d’un expérimentalisme comme l’avait remarqué le philosophe et pédagogue pragmatiste John Dewey. Il s’agit bien d’expérimenter des hypothèses qui s’appuient sur l’observation du contexte et qui se trouvent rectifiées par la pratique. La philosophie de la praxis enseignante peut être qualifiée de pratique rectifiée.

 

L’enseignant n’est pas à la différence de l’artisan ou de l’artiste confronté à la matérialité et à la résistance d’un matériau. Ce à quoi il se trouve confronté, c’est à des sujets et à des dynamiques de groupe (psychosociologie). Le groupe a sa dynamique propre mais qui ne peut pas être plus que dans le cas d’un sujet individuel l’objet d’une science prédictive.

 

L’enseignement simultané (c’est-à-dire qui s’adresse à un groupe) met en jeu une philosophie de la praxis au sens de Gramsci dans la mesure où il implique un projet socio-politique.

 

Gramsci avait fait de l’exégèse de Machiavel l’une des références de cette philosophie de la praxis. Machiavel dans Le discours sur la seconde décade de Tite-live se demande comment établir une République.

 

A cette fin, il lui faut savoir si tout individu en situation de leader d’un groupe, comme un général, doit chercher plutôt à être craint ou à être aimé. Il est ainsi conduit à distinguer deux cas de figure. Si les soldats se comportent en égaux alors il vaut mieux se faire aimer que craindre car il n’est pas alors possible d’établir la légitimité d’une autorité qui s’appuie sur la contrainte. Elle doit s’appuyer sur le consentement. Au contraire, si ceux que l’on a sous sa responsabilité se comportent en inférieurs, écrit Machiavel, c’est-à-dire si d’une certaine manière s’ils s’infantilisent, alors il faut user selon lui de la crainte pour imposer son autorité.

 

 

Conclusion: La difficulté d’une philosophie de la praxis d’un enseignement libertaire consiste dans la capacité à ménager une latitude pour permettre un processus de subjectivation constituant un devenir autonome. La difficulté réside alors dans la mise en place d’une pédagogie qui évite le double écueil du dressage autoritaire et de la licence (ou du laxisme pour utiliser un terme plus moderne).

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Commentaires : 1
  • #1

    Sammons (samedi, 28 mai 2016 18:21)

    La philosophie de la praxis enseignante n’est pas un pur empirisme. On imagine mal un enseignant arriver dans une salle de classe sans aucune piste de travail..
    http://www.yogaburnsystemreview.com/