Étude stratégique des mouvements sociaux.

 

Hypothèse développée: analyse des mouvements sociaux sous l’angle des études stratégiques.

 

1. Les présupposés justifiants une approche stratégique

 

L’étude stratégique peut-être définie comme la discipline qui s'intéresse aux actions orientées selon une finalité dans le cadre d’un conflit (militaire). Or, il est possible de considérer qu’il existe comme l’affirme le réaliste Clausewitz une continuité entre la politique et la guerre: si la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens, il n’y a donc pas une différence de nature entre les deux activités. Dans le cadre d’une sociologie des mouvements sociaux, cela signifie qu’il existe une continuité entre l’action légale non-violente et à l’autre bout du répertoire d’action (Tilly) l’action révolutionnaire armée.

 

Cette continuité peut apparaître à travers les éléments suivants:

- l’usage fréquent des métaphores militaires dans le vocabulaire militant: front de lutte, diversité des tactiques, communication-guerilla, guerilla-gardening... Le terme militant ayant lui même une origine militaire.

- le passage possible en fonction du contexte historique de groupes militants de la légalité à la violence armée ou l’inverse. On peut citer le cas du Sous-commandant Marcos.

- l’existence de toute une littérature et histoire d’un militantisme guerrier. On peut citer par exemple Blanqui, Lénine, Mao, Guevara...

- La référence explicite de certains auteurs aux théoriciens militaires. Lénine fut par exemple un lecteur de Clausewitz.

 

La notion de stratégie désigne dans son acception militaire l’ensemble des actions orientées vers un but qui est la victoire face à un ennemi. Ainsi trois autres points communs entre les études stratégiques et la sociologie des mouvements sociaux tiennent à ce que dans les deux cas l’objet d’étude suppose: l’existence d’un conflit entre deux adversaires, des stratégies visant à remporter une victoire contre un adversaire et la mise en oeuvre d’un rapport de force.

 

Néanmoins, on verra que si les concepts de la stratégie militaire sont utilisés par les militants et peuvent être transférés pour analyser les stratégies militantes même dans un cadre d’action non-armée, par un certain nombre d’aspects ces théories ne sont pas toujours adaptées. On peut par exemple remarquer que:

- Les formes organisationnelles: Si certaines organisations militantes copies les formes d’organisation militaires, certaines au contraire s’en éloignent grandement.

- Les militants peuvent avoir à coeur d’utiliser des stratégies respectant des principes moraux (comme la non-violence) qui semblent justement les éloigner du réalisme politique qu’implique la guerre.

 

2. Elements d’analyse:

 

a) Conflits sociaux conventionnels et non-conventionnels.

 

Le vocabulaire des études stratégiques distinguent entre guerres conventionnelles et guerres non-conventionnelles. La principale différence tient au respect du cadre juridique (critère positiviste). En effet, il existe des conventions internationales qui régissent le droit de la guerre.

Si on réserve la notion de guerre aux conflits armés, et pour éviter les problèmes des cas limites, il est possible d’utiliser le terme plus générique de conflit. En effet, toute situation où une force armée intervient ne constitue pas le déclenchement d’une guerre, même s’il arrive qu’un Etat puisse sous couvert de se livrer à des opérations de maintien de l’ordre effectuer une véritable guerre (ex: la guerre d’Algérie). La notion de conflit permet de désigner les mouvements sociaux donnant lieu aussi bien à des conflits armés que non-armés.

On peut ainsi distinguer entre conflits sociaux conventionnels et non-conventionnels. En effet, le répertoire d’action que peuvent mettre en oeuvre les militants peut correspondre aux formes juridiquement admis dans les démocraties libérales. On peut ainsi citer la pétition, la grève ou les manifestations du rue. En revanche, il peut y avoir des conflits sociaux qui utilisent des répertoires d’action non-conventionnels au sens d’illégaux. C’est le cas par exemple de la désobéissance civique ou des émeutes urbaines...Tout conflit non-conventionnel ne fait pas nécessairement usage d’armes.

Néanmoins, il est certainement possible de critiquer cette distinction entre conventionnel et non-conventionnel, aussi bien dans le domaine politique que militaire, pour son sens implicitement normatif. En effet, ce qui est conventionnel apparaît en réalité comme ce qui est définit comme tel par ceux qui possèdent le pouvoir d’établir les catégories légales.

 

- La désobéissance civique: On peut discuter de savoir si la désobéissance civique correspond de manière privilégiée à une stratégie militantes des démocratie libérales, mais qui serait plus rare et inefficace dans les Etats pratiquant une plus grande répression.

On peut néanmoins remarquer que des militants aussi bien dans des contextes de forte répression que dans des démocraties libérales choisissent cette stratégie d’action.

Si un gouvernement peut s’interroger sur la manière dont il doit agir face à une telle stratégie, il est un point que l’on peut remarquer, c’est qu’il ne s’agit pas d’une stratégie utilisée par une armée régulière. Il semble contradictoire que des militaires pratiquent la résistance non-violente. Certes il existe peut-être des situations limites dans le cas par exemple des opérations menées par des casques bleus qui peuvent avoir des consignes de non-intervention armée (cas de l’ex-Yougoslavie).

On peut donc voir dans la résistance non-violente et la désobéissance civique une stratégie qui est appliquée même en situation de guerre, mais qui semble échapper aux théories du réalisme politique militaire.

 

b) Conflits de basse intensité et conflits asymétriques

 

On peut considérer que de manière générale, les mouvement sociaux dans les démocraties libérales correspondent à des formes de conflits de basse intensité par opposition à ce que peut-être une révolution armée.

Il est possible également de supposer qu’il s’agit toujours de conflits asymétriques. L’asymétrie est bien souvent numérique, mais pas toujours. Par exemple, lors d’une manifestation de rue de très grande ampleur: les manifestants ont l’avantage numérique.

Néanmoins, il s’agit toujours de conflits asymétriques au point de vue de la technologie dont dispose les militants par rapport aux forces de l’ordre. En effet, c’est l’Etat qui détient le monopole de la violence dite légitime. Dans le cas, où ce n’est pas le cas, l’on peut être par exemple dans des situations de guerre civile ou de guerilla. Dans ce cas, l’Etat peut avoir perdu une partie de la maîtrise de son territoire.

 

c) Types d’organisations militantes:

 

- Les organisations de type militaire: certaines organisations militantes peuvent être qualifiées dans leur forme d’organisation de militaire dans la mesure où elles adoptent le caractère hiérarchisé et discipliné d’une armée. Cela peut parfois aller jusqu’à utiliser des grades militaires. Ce peut-être le cas d’organisations qui pratiquent la lutte armée.

 

- Le réseau militant: La forme réseau a suscité l’intérêt des études en stratégie dans la mesure où cette notion est par exemple utilisée pour qualifier des organisations terroristes. Certains politologues ont ainsi fait des parallèles entre les réseaux militants altermondialistes et les réseaux terroristes (voir par exemple Yolande Dilas Rocherieux).

Néanmoins, ce type de comparaison peut sembler abusive. En effet, bien souvent les réseaux terroristes semblent impliquer des formes de hiérarchie qui ne correspondent pas à ce que l’on qualifie de réseaux dans la mouvance altermondialiste.

 

- Démocratie (vs. hiérarchie): Bien souvent les formes d’organisations militantes, en particulier issues de la galaxie altermondialiste, accordent une place importante aux procédures de prises de décision démocratique. Ce point conduit là aussi à s’interroger sur les limites des stratégies du réalisme politique. En effet, Lénine, qui est un réaliste, considére que l’organisation politique ne doit pas fonctionner de manière démocratique. Au contraire, on trouve la thèse chez les militants anarchistes que la mise en place d’une société radicalement démocratique suppose des organisations militantes elles-mêmes démocratiques. On peut certes dire que les anarchistes ne sont pas parvenus à réaliser leur objectif concrètement. Mais à l’inverse, la pratique ne semble pas non plus avoir donné raison à Lénine. En effet, le parti d’avant-garde a conduit à la mise en place d’une dictature sans parvenir à dépasser ce stade.

 

- Anonymat, impersonnalité: L’organisation militaire valorise le rôle du chef, du stratège. Or au contraire, on peut constater que certains collectifs militants tendent à essayer de casser ce qui pourrait ressembler à un tel mode de fonctionnement. On peut ainsi rappeler la figure du “Général Ludd” , personnage fictif et collectif que les luddites, les briseurs de machines, utilisaient pour revendiquer leurs actions.

 

d) Ressources matérielles:

 

Dans les cas d’insurrection armée, les militants possèdent des armes de type militaire. Dans la plupart des actions militantes, dans le cadre des démocraties libérales, les militants utilisent du matériel comme ressource dans le cadre de leur stratégie, mais ce ne sont pas des armes, même si elles sont utilisées dans le cadre d’un rapport de force. Ainsi, des manifestants peuvent avoir des banderoles ou des pancartes. On voit que ces ressources matérielles ont plutôt une fonction de communication, de propagande.

 

Techno-guerilla: certains spécialistes des études stratégiques utilisent la notion de techno-guerilla pour parler de l’usage des nouvelles technologie dans les conflits asymétriques.

Cette notion peut avoir une pertinence pour analyser le rôle qu’ont pu jouer facebook ou twitter dans de récentes mobilisations aussi bien dans des contextes de faible niveau de répression physique que dans des contextes de haut niveau de répression.

 

f) Communication, information, propagande

 

S’il est une notion qui est bien commune à la fois au vocabulaire militant et au vocabulaire militaire, c’est celui de propagande. En effet, la maîtrise de l’information et la diffusion de messages visant à convaincre la population constitue dans les deux cas un enjeu stratégique.

Gramsci a par exemple développé une analyse militaire du rôle que la culture peut jouer dans le cadre de la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat, dans la “guerre sociale”.

 

e) Géostratégie des mouvements sociaux

 

L’espace et la géographie occupent une place fondamentale dans les conflits armés et l’on a pu même dire que “la géographie sert à faire la guerre” (Yves Lacoste). La géostratégie peut-être définie comme l’étude de la fabrication de l’espace par la guerre.

On peut considérer ainsi qu’il y a une géostratégie des mouvements sociaux. Il s’agit par exemple d’occuper une usine et de la tenir. Il peut aussi s’agir de mobiliser dans la rue. L’action militante peut avoir également pour objectif d’empêcher l’implantation d’une infrastructure lors de luttes écologistes. A un niveau plus quotidien, il peut s’agir de tenir un marché en y vendant régulièrement le journal de l’organisation politique. Le tractage peut s’effectue en visant des lieux stratégiques comme une grande entreprise.

 

f) Les orientations stratégiques et tactiques.

 

Les orientations stratégiques politiques peuvent être définies par exemple au moment de la fondation de l’organisation militante. Par exemple, il s’agit d’abolir le capitalisme. Les militants définissent régulièrement des tactiques visant à parvenir à atteindre l’objectif stratégique adoptées par exemple lors de leur congrès annuel. Il peut s’agir de lancer une campagne pour obtenir le vote de telle ou telle loi.

 

g) Les alliances.

 

La recherche d’alliés dans le cadre d’une action bien délimitée ou au contraire dans le cadre d’une stratégie à plus long terme constitue également une caractéristique de l’activité militante. C’est ce rôle par exemple que joue les intersyndicales ou les collectifs d’organisation.

 

h) Les orientations stratégiques:

 

Il est possible de constater qu’il existe des cultures stratégiques militantes qui ont été bien souvent définies par un corpus théorique:

- Ainsi, les organisation léninistes considèrent qu’il s’agit d’agir à partir d’un parti qui constitue une avant-garde et de s’emparer de l’appareil d’Etat.

- Les syndicalistes révolutionnaires pour leurs part privilégient le syndicat, l’action en entreprise et tentent d’organiser la grève générale.

- D’autres militants privilégient les collectifs informels et des actions de micro-politique. Dans ce cas là, une image qui peut être utilisée est celle de la fuite et de la désertion...

 

On peut aussi considérer que le type de stratégie dépend du type de cause défendue:

- Les militantisme syndical permet de disposer de troupes importantes. La palette des tactiques qui peuvent être mise en oeuvre est donc large. Elles peuvent donner lieu à des actions de masse, mais également impliquer des militants plus radicaux dans des actions plus restreintes..

- D’autres causes, par exemple celles des intermittents ou des chômeurs ne permettent pas disposer des troupes importantes. Les militants doivent alors privilégier des formes innovantes de militantisme, des stratégies de guerilla, voire des formes d’action non-conventionnelles.

 

g) Les opérations:

 

Les militants peuvent combiner différentes tactiques pour parvenir à réaliser leur objectif stratégique. Lors d’un mouvement social tels que les grèves de 2010 contre la réforme des retraites, ou lors de n’importe quel autre conflit social de moindre ampleur, il est possible de distinguer différentes phases du conflit durant lesquels sont mises en oeuvre différentes tactiques. On peut distinguer entre autres par degrés d’intensité:

 

- la petition

- les manifestations

- la grève

- les zones d’autonomie

- la désobéissance non-violente

- l’émeute urbaine

- la guerilla

- la révolution armée

 

On peut ainsi parler dans le syndicalisme d’une échelle de gradation syndicale (d’une stratégie de riposte graduée) qui peut aller de la réunion d’information, puis passer par la pétition, la grève, le piquet de grève, l’occupation des locaux...

 

h) Les tactiques:

 

Il existe une abondante littérature sur les tactiques qui peuvent être utilisés ou qui sont utilisées par les militants pour arriver à leur fins.

Ainsi, les syndicalistes révolutionnaires de la CGT au début du XXe s. définirent lors de leur congrès les tactiques suivantes: la grève partielle, le sabotage, le label syndical et le boycott.

Des ouvrages recensent, à l’usage des militants, les tactiques utilisées. On peut citer par exemple Guerilla Kit de Morjane Baba.

 

i) Diversité de la littérature militante:

 

Praticiens et théoriciens (stratégistes et stratèges): On peut dire de Gramsci dans ses Carnets de prison qu’il a été plutôt un stratégiste, tandis que Lénine est également un stratège.

Alors que dans l’histoire militaire, les deux sont souvent disjoints, on peut remarquer que ce n’est pas le cas dans le militantisme. Les grands stratégistes ont été eux-mêmes souvent des stratèges importants: Lénine ou Gandhi par exemple.

 

Conclusion:

Il est possible de constater que l’on peut établir de nombreux points de comparaison entre la stratégie militaire et les stratégies militantes. De ce fait, il semble tout à fait possible d’utiliser des catégories empruntées aux études stratégiques pour étudier le militantisme. De fait, les études stratégiques s'intéressent d’ailleurs déjà spécifiquement à certaines pratiques militantes telles que la guérilla armée.

Néanmoins, il est aussi possible de constater que les outils de la théorie militaire sont incapables de rendre compte de certaines formes de stratégies militantes. En effet, certaines d’entre elles échappent au paradigme d’analyse réaliste.

Il est possible de considérer que certaines stratégies militantes impliquent un présupposé pragmatiste de continuité des moyens et des fins. En effet, l’hypothèse mise en oeuvre dans ces stratégies de lutte non-militaire, c’est que la fin ne peut pas être réalisée si les moyens ne sont pas en congruence. Ainsi, une société radicalement démocratique ne pourrait pas être produite au moyen d’organisations de lutte autoritaires. Le caractère collectif, voire anonyme, et donc non hiérarchisé, de la prise de décision de certains collectifs militants s’éloignent fortement de l’organisation classique d’une armée. De même, une société non-violente ne pourrait pas naître d’un conflit usant de la violence physique. Ou encore, le recours à la désobéissance ne parait pas non plus être une tactique valorisable dans le cadre de l’organisation militaire.

On peut également se demander si la comparaison militaire n’est pas plus ou moins adaptée en fonction de la grammaire contestataire de l’organisation. Il y a une congruence entre théories et actions. Ainsi, le paradigme conflictualiste convient peut-être davantage pour des militants qui s’inscrivent dans les référence du mouvements ouvrier qui analyse la société comme un combat entre classes sociales. Cet angle d’analyse est peut être moins pertinent dans le cas de militants qui identifient moins clairement un ennemi et inscrivent moins nettement leurs orientations d’action dans la perspective d’un conflit.

 

Annexe - Stratégie, utilitarisme et pragmatisme

 

a) Une grande partie des analyses stratégiques, en particulier lorsqu’il s’agit de l’analyse stratégique d’entreprises, repose sur les théories de la mobilisation des ressources, de l’acteur stratégique. De manière générale, elles sont individualistes, micro-sociologiques et rationnelles.

 

b) On peut néanmoins émettre des critiques sur l’intérêt de ce types d’approche. La première tient au fait que dans le cas des mouvements sociaux, on peut considérer plus pertinent de se situer au niveau des actions collectives que des actions individuelles.

On peut émettre des doutes quant au fait d’analyser les stratégies d’action en partant d’un type unique de modèle d’action. En définitive, on obtient un modèle normatif plutôt que descriptif. L’individualisme méthodologique tend à dire comment il aurait fallu agir et à constater que les acteurs n’ont pas fait preuve de la rationalité escomptées et ont donc commis des erreurs de raisonnement.

 

c) On peut au contraire par une analyse grammaticale (sociologie pragmatique) s’attacher à analyser les logiques des différentes stratégies mises en oeuvre par les acteurs par exemple en fonction de leur culture stratégique.

 

Grammaires philosophiques de l’action stratégique:

 

- Le régime d’action machiavelien ou tactique stratégique - Corcuff: “La fin justifie les moyens”. Au sens strict, l’objectif stratégique du Prince est la conservation du pouvoir (conserver l’Etat). Au sens large, le régime d’action machiavelien désigne un rapport à l’action dans lequel il s’agit de chercher la plus grande adéquation des moyens à la fin.

 

- Le décisionisme: Le choix de la fin est considéré comme arbitraire. La réflexion ne porte que sur l’adéquation des moyens à la fin.

 

- Le réalisme politique: La finalité n’est pas simplement de conserver le pouvoir, mais d’augmenter sa puissance. Il s’agit ensuite de mettre en oeuvre les moyens les plus adéquats pour réaliser cette fin.

 

- L’agir stratégique de l’homo économicus: L’individu cherche à maximiser son plaisir. L’optimum entre peine et plaisir constitue l’utilité. La réalisation de cette fin met en oeuvre un calcul rationnel.

 

- L’agir communicationnel: Pour Habermas, l’agir communicationnel subsume l’agir stratégique dont il est capable d’orienter la finalité selon des normes justes établies par le discussion.

 

- Le régime d’action deweysien (théorie de la valuation): Le pragmatisme se distingue d’un simple calcul stratégique. Déjà, parce qu’il s’agit non pas de se livrer à un calcul rationnel a priori, mais d’expérimenter des hypothèses dans la pratique. Il s’agit donc d’un expérimentalisme. Ce n’est pas non plus déterminer ce qui est le plus efficace dans l’action indépendament de la finalité de l’action. Dewey admet l’hypothèse d’une continuité entre les moyens et les fins. Par conséquent, la fin doit être évaluée en fonction du coût (pas uniquement économique), par également exemple humain, des moyens que l’on met en oeuvre pour la réaliser. La fin n’est pas considérée comme un absolu posé une fois pour toute, mais elle doit être évaluée en fonction de la situation. En cela, le pragmatisme remet en cause un aspect de la conception classique de l’agir stratégique qui consiste à visée une fin déterminée une fois pour toute. Dans le cas de l’agir pragmatique, au cours du processus, la finalité de l’action peut être révisée.

 

N.B: Il est possible de remarquer que par exemple le réalisme politique tout comme le libéralisme économique partent d’une situation d’anarchie. Pour l’économie, c’est celle des intérêts individuels tandis que pour le réalisme politique, c’est celle des relations internationales. Dans le cas du libéralisme politique, Adam Smith présuppose l’existence d’une main invisible qui harmonise les intérêts. Dans le cas du réalisme politique, ce sont les rapports de force et la puissance que certains Etats imposent sur d’autres qui permet de stabiliser les situations.

 

Vocabulaire militant et vocabulaire militaire...

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Best Juicer (samedi, 13 avril 2013 01:07)

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  • #2

    Best Juicer (dimanche, 21 avril 2013 17:28)

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