De l’indignation !


 

Par l’injonction Indignez-vous !, Stéphane Hessel renvoie l’attitude face à l’injustice à une juste colère qu’il s’agit de développer en soi constituant ainsi une force qui nous incite à l’action et non à la passivité et à la résignation. 

 

 

L’acte d’engagement face à l’injustice est bien souvent perçu comme un acte de courage supposant de surmonter sa peur. L’engagement relèverait ainsi d’un choix, d’une décision et d’une action qui supposerait un effort de volonté. Il peut être également renvoyer à un sentiment de culpabilité que le sujet éprouve face à sa propre inaction. L’engagement relèverait alors d’un devoir moral qui serait accomplit là aussi par un effort de volonté.

 

En mettant l’accent sur l’indignation, Stéphane Hessel renvoie au contraire à un sentiment d’injustice qui se rapproche de la colère. On peut ainsi se rappeler que dans la République de Platon, ceux qui sont chargés de défendre la cité juste, les auxilliaires, se caractérisent par une vertu de courage qui correspond à la partie de l’âme capable de colère et d’emportement. Ils sont ceux qui sont chargés de défendre l’honneur de la cité.

 

  La défense de la justice ne supposerait alors non pas tant d’un effort de volonté par un être rationnel accomplissant son devoir, que d’un sentiment - d’une passion - qu’il s’agirait de cultiver en nous et qui nous porterait à l’action et nous aiderait à surmonter notre peur.

 

 

Pour aller plus loin:  

 

Platon, La République

Boltanski Luc, La souffrance à distance

Mathieu Lilian, “Les ressorts de l’indignation militante”, Revue Sociologie, n°3, 2010

Pierron Jean-Philippe , “L’indignation”, Etudes 2012

 

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