Transversalité du problème de la finalité en philosophie

 

 

Avec la critique de l'explication par la cause finale dans la physique moderne, la notion de finalité a acquis une place fondamentale dans la structuration des débats philosophiques. En effet, la question de la finalité apparaît fondamentale pour comprendre les débats sur l'ensemble des champs philosophiques.

 

Ainsi, la question du vivant se trouve traversée par le débat entre finalisme et mécanisme. La philosophie de l'esprit, à travers les questions de l'intentionnalité et de la signification, pose également la question de la finalité: en effet, le fait pour une pensée d'être dotée de signification provient du fait que nous supposons que derrière la pensée, la parole ou l'écrit, se trouve une intention orientée vers un but qui lui donne sens. C'est également la question de la finalité qui se trouve posée dans le débat entre sciences de la nature et sciences de l'esprit, sciences explicatives et sciences compréhensives: en effet, il y aurait science de l'esprit parce que l'acte est doté d'une finalité utilitaire ou d'une fin morale. Les pensées et les actes humains se distingueraient des faits naturels par cette capacité de l'esprit humain de penser et d'agir relativement à des fins.

 

De même, supposer que la création de l'univers, l'évolution naturelle ou l'histoire humaine semblent orientées vers une fin, c'est supposer l'existence d'une intelligence supérieure, Dieu, qui lui donnerait un sens, un but. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui la théorie du dessein intelligent.

La question de la liberté humaine, prise au sens de libre-arbitre, consiste également à considérer que les actes humains sont les seuls à ne pas être déterminés par des causes efficientes, mais en finalité. L'acte est libre parce qu'il ne dépend pas de causes antérieures, mais parce qu'il est la visée d'un but, d'un projet par un individu.

 

Enfin, les questions normatives - en politique, en droit et en morale – peuvent également être comprises par rapport à la question de la finalité. En effet, poser des normes, c'est dire ce qui doit être. Le devoir être se distingue de ce qui est en ce sens où il indique une fin idéale qui doit être poursuivie. Cette fin morale idéale est ce que l'on appelle une valeur. Ainsi, dire que l'on ne doit pas tuer, c'est indiquer, comme fin morale absolue, la valeur de la vie humaine.

 

 

 

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