Sujets de philosophie - exemples de problématisations -


 

L’analyse en termes de grammaires permet de faciliter le travail de problématisation par exemple de sujets de leçons en philosophie.

 

Définition d’un problème philosophique: un problème philosophique est la résultante de l’existence de deux conceptualisations opposées d’une même notion philosophique.

La difficulté de la problématisation d’un sujet vient du fait que le problème n’est pas premier, il est l’effet d’une divergence de conceptualisations. C’est parce qu’il y a des réponses différentes que naît un problème. Dans une approche grammaticale, la démarche peut consister tout d’abord à déterminer les différents concepts de la notion qui s’inscrivent chacun dans une conception différente. Chacune de ces conceptions s’appuient sur une anthropologie différente. On peut pour modéliser les principaux problèmes philosophiques partir de trois anthropologies cognitives de base: à partir soit de l’intuition sensible nous donnant accès à des phénomènes, soit de la rationalité appuyée sur une ontologie matérialiste, soit de l’intuition intellectuelle impliquant un dualisme entre l’esprit et la matière. Le présupposé matérialiste rationaliste correspond au présupposé philosophique de la science moderne. C’est par distinction avec ce présupposé que sont établis les deux autres anthropologies cognitives de base. 

 

Exemples:

 

1)  Sujet couple de notions: Histoire et vérité: (relatif/universel) 

 

Le sujet pose le rapport de l’histoire à la vérité. La notion centrale est donc celle d’histoire. Il est donc possible ici de commencer par faire varier les concepts de la notion d’histoire pour problématiser le sujet. Dans ce cas, l’on part d’un concept classique de la notion de vérité comme adéquation à la réalité. 

 

- A partir de l’anthropologie matérialiste rationaliste:

L’histoire en tant que devenir de l’humanité est organisée par des lois rationnelles.

La science historique nous permet d'accéder à une connaissance objective de ces lois.

 

 

- A partir de l’anthropologie sensualiste:

L’histoire - en tant que devenir de l’humanité - nous donne l’apparence de la relativité.

L’histoire - comme science - ne se distingue pas réellement de la construction fictionnelle, elle est une perspective relative.

 

- A partir de l’anthropologie dualiste idéaliste:

L’histoire humaine suppose pour être comprise l’introduction d’une finalité. Les actions humaines sont dotées de sens par les acteurs.

L’histoire comme science doit interpréter les actions humaines. Plus que d’une connaissance objective de la réalité - vérité -, il s’agit d’une herméneutique - recherche de sens -.

 

Problématisation:

L’histoire (en tant que devenir de l’humanité et en tant que science) nous conduit-elle au relativisme ou peut-elle nous faire accéder à la vérité ?

 

 

2) Sujet notion: L’aventure:

 

A partir de l’anthropologie sensualiste: L’apparence se présente comme mouvante et changeante sans qu’aucun ordre n’y soit repérable. L’aventure naîtrait donc de l’existence de ce hasard.

 

A partir de l’anthropologie matérialiste rationaliste: La croyance à l’aventure et la recherche d’aventure n’est qu’une illusion qui repose sur l’ignorance de la rationalité du réel. Il ne s’agit donc pas de rechercher l’aventure, mais de chercher à connaître un ordre théorique objectif.

 

A partir de l’anthropologie dualiste idéaliste: L’aventure ne repose pas tant sur l’existence d’un hasard objectif que dans le projet du sujet et la manière dont il met en récit son expérience, c’est-à-dire la manière dont il lui donne sens.

 

Problématique:

L’aventure repose-t-elle ontologiquement sur un hasard objectif ou n’est-elle qu’une illusion ? - L’aventure reside-t-elle dans le hasard auquel est soumis le sujet ou dans le projet que se donne le sujet ?

 

3) Sujet question: N’avons nous de devoir qu’envers autrui ?

 

A partir de l’anthropologie sensualiste: L’être humain est un être sensible comme tous les êtres vivants. Nous avons donc un devoir envers les autres êtres sensibles en tant qu’ils sont des êtres éprouvant de la souffrance.

 

A partir de l’anthropologie rationaliste matérialiste:

- Conception pré-moderne: L’être humain est une partie d’une grande totalité rationnelle dont il est possible de tirer des normes. Les normes rationnelles naturelles peuvent impliquer: soit un devoir vis-à-vis de l’ensemble de la nature, soit des êtres vivants, soit des êtres de son espèce.

- Conception moderne: il n’est pas possible de tirer des normes de la nature. En tant que les normes impliquent la finalité (devoir-être), la notion de devoir est une illusion.

 

- A partir de l’anthropologie idéaliste dualiste:

Seul l’être humain est doté d’un esprit capable de poser des normes morales. En cela, les êtres humains ne sont pas seulement des choses, ils sont également des personnes morales.

 

Problème:

N’avons nous de devoir qu’envers les autres êtres humains - seules personnes morales - ou avons nous également des devoirs envers les autres êtres sensibles, voire même la totalité naturelle ?

 

 

Annexe: L'explicitation des problèmes: 


Il est  possible d'expliciter en introduction les problèmes en montrant leur caractère aporétique.

 

Exemple:  

- Si nous n'avons de devoir qu'envers les êtres humains, cela peut siginfier alors que nous pouvons asservir les autres êtres vivants et le reste de la nature.

- Si nous avons des devoirs envers d'autres êtres que les êtres humains, cela pourrait signifier qu'en cas de conflit de devoir, nous pourrions sacrifier un ou des êtres humains pour maintenir d'autres êtres vivants ou naturels.

 

Écrire commentaire

Commentaires : 8
  • #1

    botty (lundi, 11 janvier 2016 21:35)

    jolie travail

  • #2

    Berthé (jeudi, 14 avril 2016 09:28)

    j'aime cette site

  • #3

    boué (lundi, 19 décembre 2016 07:04)

    Excéllent travail

  • #4

    djeneb (dimanche, 22 janvier 2017 14:14)

    je veux faire l essai problematique

  • #5

    Eulalia Otwell (lundi, 23 janvier 2017)


    Thanks , I've just been searching for info about this topic for a while and yours is the best I've found out till now. However, what concerning the conclusion? Are you positive concerning the supply?

  • #6

    Timmy Ek (mardi, 31 janvier 2017 09:15)


    Asking questions are actually pleasant thing if you are not understanding anything fully, however this article provides good understanding even.

  • #7

    zeugma (samedi, 17 juin 2017 15:56)

    Bonjour,
    Dans le cadre d'un couple de notions, comment déterminer lequel des mots est universel et lequel est relatif ? Par exemple : quid de "l'art et le rêve" ?

  • #8

    Catheline (mercredi, 05 juillet 2017 05:59)

    Merci