L’altermondialisme: origines, principes et devenir.

Les entretiens de l’IRESMO:

 

Eddy Fougier est chercheur associé à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur l’altermondialisme.

 

1) IRESMO: Quels sont selon vous les principaux facteurs permettant de rendre compte de l’émergence d’un mouvement altermondialiste à la fin des années 1990 et au début des années 2000 ? 

 

Eddy Fougier:

Les facteurs permettant de rendre compte de l’émergence d’un mouvement altermondialiste sont multiples. Mais avant d’aborder ces facteurs à proprement parler, je pense qu’il est important de revenir sur un aspect assez controversé chez les auteurs, à savoir la date de l’émergence de ce mouvement. Vous mentionnez la fin des années 1990 et le début des années 2000 en faisant ainsi référence à la séquence qui s’étale des manifestations de Seattle en novembre-décembre 1999 jusqu’à celles organisées à Gênes en juillet 2001, en passant par le premier Forum social mondial de Porto Alegre début 2001. Personnellement, je pense que l’on peut dater l’émergence de ce mouvement au milieu des années 1990 avec notamment, début 1994, la guérilla zapatiste au Chiapas et en 1996, la première Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme organisée par ces mêmes zapatistes toujours au Chiapas. Un grand nombre de mouvements qui ont joué et qui jouent encore un rôle central dans le mouvement apparaissent aussi durant cette période. On peut penser de ce point de vue à des groupes ou des réseaux comme Via Campesina créée en 1993, International Forum on Globalization en 1994, Global Trade Watch et Focus on the Global South en 1995. Enfin, les premières grandes campagnes internationales se déroulent aussi durant cette période avec notamment la célèbre campagne Jubilé 2000 à partir de 1996.

 

On peut estimer que le mouvement altermondialiste est la convergence de différentes tendances qui émergent ou réapparaissent tout au long des années 1990, mais notamment durant la première moitié de cette décennie. La première tendance est l’émergence d’une contestation de différents projets d’intégration économique tant à l’échelle régionale (ALENA, Accord de libre-échange nord américain, UEM, Union économique et monétaire) qu’à l’échelle globale (Uruguay Round dans le cadre du GATT, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Pour la première fois, ce type de projets fait l’objet de vifs débats publics et les organisations de la société civile y jouent un rôle crucial. En Amérique du Nord, nombre de mouvements sont ainsi nés suite au débat sur l’ALENA. La seconde tendance est la résurgence de mouvements protestataires de masse dans les pays du Sud et tout particulièrement des mouvements paysans et de sans terre, dont les mouvements indiens et latino-américains sont sans doute les plus célèbres et qui se retrouvent pour la plupart dans La Via Campesina créée en 1993. La troisième tendance est le réveil des mouvements amérindiens à partir du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique en 1992. Il s’agit d’un mouvement-clef pour comprendre la dynamique altermondialiste puisqu’il influencera tout particulièrement le mouvement zapatiste au Chiapas qui émerge en 1994. On peut considérer que ce mouvement amérindien est d’une certaine manière le dernier mouvement de décolonisation dont l’expression la plus visible aujourd’hui serait la politique menée en Bolivie par le président Evo Morales. La quatrième tendance est la réapparition d’importants mouvements sociaux dans les pays industrialisés, avec par exemple le vaste mouvement de grève mené en France en 1995 contre la réforme Juppé des retraites. Ces mouvements marquent le retour de la contestation sociale et tentent aussi d’établir un lien entre la mondialisation et les politiques mises en place à l’échelle nationale qualifiées de néolibérales. Enfin, une cinquième tendance réside dans la formation de qui a été appelé dans les années 1990 de façon controversée une “société civile globale” qui s’est exprimée notamment dans le cadre des forums de la société civile lors des grandes réunions thématiques des Nations unies, dont la plus connue est bien entendu le sommet de la Terre à Rio-de-Janeiro en 1992.

 

2) IRESMO: Ce mouvement a-t-il la même importance et expansion dans toutes les aires géographiques ? Quelles sont ses principaux foyers d’activité ?

 

E.F:

Compte tenu de l’inexistence d’un mouvement altermondialiste structuré en tant que tel, il est difficile d’avoir des données précises de ce point de vue. On peut certes se baser sur les enquêtes menées lors des forums sociaux, mondiaux ou régionaux, mais on sait que la participation des délégués à ces forums est largement biaisée d’un point de vue géographique (y participent d’abord les nationaux et les voisins) et matériel (y participent les représentants des organisations qui disposent des moyens les plus importants). Néanmoins, ce que l’on peut dire, c’est que le mouvement altermondialiste n’est pas développé de la même manière selon les régions. Il a eu dans un premier temps une dimension largement latine avec un rôle prédominant joué par les organisations d’Amérique latine et de l’Europe latine. Il tend néanmoins à se développer dans d’autres aires géographiques, notamment en Afrique où trois FSM (Forum social mondial) se sont déroulés (Bamako en 2006 dans le cadre d’un forum polycentrique, Nairobi en 2007 et Dakar en 2011) et dans une large partie de l’Asie. Il est évident aussi que ce mouvement a beaucoup plus de difficultés à se répandre dans certaines régions ou pays comme la Chine, l’Europe centrale et orientale au sens large du terme, donc y compris avec la Russie, le Golfe persique ou d’une certaine manière les Etats-Unis.

 

3) IRESMO: Quelles sont selon vous ses principales composantes ? Y-a-t-il des forces militantes qui y pèsent d’un poids plus conséquent ?

 

E.F:

Votre question part du postulat selon lequel il existerait un mouvement altermondialiste à proprement parler. Si l’on parle du “mouvement altermondialiste”, c’est plus par commodité de langage que pour décrire une réalité car il n’y a pas de mouvement à proprement parler, c’est-à-dire de structure altermondialiste intégrée et hiérarchisée comprenant une direction et des composantes. Or, ce n’est pas le cas. On peut davantage parler à ce propos de mouvance ou de nébuleuse composée d’organisations et de réseaux dont la participation aux mobilisations altermondialistes est d’ailleurs souvent à géométrie variable. Le mode d’organisation des forums sociaux est particulièrement symptomatique de cette approche typiquement altermondialiste, à la fois marquée par l’influence des idées libertaires (horizontalité, refus de toute direction et hiérarchie entre les participants, mode de décision par consensus, etc.) et obsédée par l’idée de ne surtout pas reproduire le mode d’organisation du mouvement communiste international.

Au sein de cette mouvance altermondialiste, on peut, de mon point de vue, distinguer trois types d’organisations. Le premier type correspond aux organisations que l’on peut appeler altermondialistes au sens strict. Ce sont des organisations appartenant à la société civile qui ont été créées en réaction à l’actuel processus de mondialisation et qui se sont donné pour objectif d’en analyser et d’en critiquer le cours. L’exemple typique de ce point de vue serait Attac, qui a été créée en 1998 dans le sillage de la crise financière en Asie pour dénoncer les méfaits de la “mondialisation libérale” et défendre l’adoption d’une taxe sur les transactions financières. Le second type d’organisations correspond à celles qui participent à la mouvance altermondialiste, notamment aux forums sociaux, aux contre-sommets, à des campagnes ou à d’autres formes de mobilisations. Elles appartiennent aussi à la société civile, mais elles n’ont pas été créées en réaction à la mondialisation. Elles ont cependant intégré progressivement cette problématique en établissant un lien entre celle-ci et les causes qu’elles défendent. Elles ont donc été amenées à s’intéresser à la mondialisation avec un regard critique et donc à vouloir participer à la mouvance altermondialiste. Ce sont principalement des ONG (organisations non-gouvernementales), notamment des organisations de solidarité internationale comme le CCFD, Comité catholique contre la faim et pour le développement, de protection des droits de l’homme ou de l’environnement, mais aussi des mouvements sociaux (syndicats non réformistes, mouvements de défense des “sans” ou de “minorités”, etc.). Comme je l’ai déjà indiqué les mouvements paysans jouent un rôle particulièrement important dans l’altermondialisme. Le CCFD participe ainsi à la mouvance altermondialiste car il a établi un lien par exemple entre les actions des institutions financières internationales et la situation des pays pauvres dans lesquels il intervient au nom de la solidarité internationale. C’est sur cette base qu’il participe aux forums sociaux. Il en est de même pour un mouvement paysan comme la Confédération paysanne qui a établi un lien entre la situation des petits producteurs de roquefort et la politique menée dans le cadre de l’OMC, Organisation mondiale du commerce. Le troisième type d’organisation correspond à celles qui participent à ce que l’on peut appeler une “dynamique altermondialiste”. Ce ne sont pas des organisations de la société civile. Au sens strict, elles n’ont donc pas le droit de participer aux forums sociaux. Elles n’en participent pas moins à certaines mobilisations et donc plus largement à une dynamique altermondialiste. On peut penser en premier lieu à des partis politiques, comme le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) en France, le Parti des travailleurs au Brésil ou le SWP (Socialist Workers Party) en Grande-Bretagne, qui ont joué ou qui jouent un rôle certain dans l’altermondialisme et les forums sociaux.

Si je comprends votre question du point de vue de la composition sociologique du mouvement, je répondrai, bien que je ne sois pas sociologue, que les enquêtes menées auprès de militants, par exemple dans le cadre de forums sociaux ou de mouvements comme Attac, peuvent présenter un certain nombre de biais. Néanmoins ce que l’on sait c’est que dans les pays industrialisés, ce mouvement a un faible impact sur les catégories populaires et qu’il est plutôt soutenu par des personnes qualifiées (cadres moyens ou supérieurs) appartenant soit au monde associatif, soit au secteur public. Le mouvement Attac est assez typique de ce point de vue. Dans les pays du Sud, en revanche, la composition de ces mouvements paraît beaucoup plus populaire avec en particulier les mouvements de petits paysans ou de paysans sans terre. On peut penser au Mouvement brésilien des sans terre de ce point de vue qui est le mouvement social d’Amérique latine le plus important par ses effectifs.

 

4) IRESMO: Peut-on parler d’une pensée ou d’un courant d’idées altermondialiste ? Si oui, quels en seraient les principaux traits ?

 

E.F:

L’idée reçue en la matière est de considérer que l’altermondialisme serait une adaptation du discours marxiste à l’ère de la mondialisation auquel on aurait enlevé les scories de nature soviétique. On a même parlé à ce propos de “blanchiment politique”. En fait, il est tout d’abord très difficile de définir ce qu’est la pensée altermondialiste. Il existe des critiques véhiculées par des altermondialistes, quelques propositions émanant d’altermondialistes, mais pas nécessairement “une” pensée altermondialiste à part entière. L’altermondialisme apparaît ainsi davantage comme un syncrétisme de différents courants de pensée que comme un courant autonome. On retrouve ainsi dans l’altermondialisme des éléments d’une vision marxiste ou marxienne du monde, mais les altermondialistes sont aussi influencés par d’autres courants “critiques” du capitalisme et/ou de l’Occident : courants libertaire, chrétien de gauche, tiers-mondiste ou anti-impérialiste, écologiste, keynésien, etc.

Il existe néanmoins quelques spécificités du “courant de pensée” altermondialiste, notamment par rapport aux mouvements passés de contestation du capitalisme. La principale caractéristique de l’altermondialisme est de ce point de vue la volonté d’opérer un décloisonnement entre courants, modes d’action ou organisations qui étaient autrefois séparés, voire antagonistes, en contribuant à réhabiliter des pratiques, des acteurs, des courants, des mouvements qui étaient perçus comme rétrogrades ou “petits-bourgeois” par les “mouvements d’émancipation” passés. On peut penser notamment à la réhabilitation du paysan ou des traditions amérindiennes opérée par les mouvements altermondialistes. Le mouvement zapatiste en est un bon exemple. Au départ, les dirigeants du mouvement zapatiste sont des intellectuels marxistes traditionnels qui arrivent au Chiapas avec la volonté d’enrôler les paysans amérindiens dans un mouvement de guérilla assez classique après les avoir “évangélisés” à la doctrine marxiste. Or, que s’est-il passé? Ce sont ces intellectuels qui vont assimiler les traditions amérindiennes, notamment de résistance, et non le contraire, pour former une sorte de synthèse entre marxisme et culture de résistance amérindienne. S’il doit y avoir une spécificité altermondialiste, c’est bien celle-là. L’altermondialisme tend ainsi à articuler influences occidentales et non-occidentales; le local et le global en reprenant à son compte le célèbre slogan écologiste “penser global, agir local”; le militantisme et l’expertise (ou plutôt la contre-expertise); différents enjeux, comme le développement et l’environnement par exemple; différents types d’organisation, comme les syndicats de salariés et les organisations écologistes; ou encore les modes d’actions qui peuvent aller du plus classique (manifestations, pétitions, campagnes, etc.) au plus moderne (contre-sommet, forum social, happening, internet, etc.). En résumé, l’altermondialisme est un mouvement de synthèse des différentes formes de contestation du capitalisme et/ou de l’impérialisme actualisées à l’ère de la mondialisation qui est notamment fondée sur un décloisonnement entre différents courants, pratiques et organisations jusqu’alors distincts.

 

 

5) IRESMO: Peut-on considérer qu’actuellement le mouvement altermondialiste connaît une crise ? Si c’est le cas, celle-ci vous paraît-elle irrémédiable ou existerait-il des pistes selon vous pour sortir de cette crise ?

 

E.F:

Altermondialisme et crise sont quasiment des pléonasmes. Dès Seattle et l’émergence publique du mouvement, de nombreux observateurs ont parlé d’un “feu de paille” à propos de cette nouvelle forme de contestation. Ensuite, nombreux ont été ceux qui ont estimé que l’existence de ce mouvement était condamnée en raison de ses dérives violentes (black blocs) , puis des conséquences de l’attentat du 11 septembre 2001. Enfin, depuis plusieurs années, le terme qui revient systématiquement dans la bouche des commentateurs est celui d’“essoufflement”. Cette impression est sans aucun doute liée à plusieurs facteurs: (1) un désintérêt de plus en plus manifeste des médias, du moins dans les pays européens, pour ce mouvement, (2) une forme de routinisation des mobilisations, (3) un manque de visibilité de plus en plus évident des forums sociaux qui ne sont plus organisés de façon régulière, et qui, lorsqu’ils le sont, le sont dans des pays différents et éloignés et surtout desquels il ne sort aucun “programme” clair, (4) une absence de “victoires” symboliques ou réelles susceptibles de galvaniser les foules altermondialistes, (5) dans un contexte franco-français, l’effacement progressif d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens), suite à la grave crise traversée par le mouvement en 2005-2006 et l’entrée de José Bové en politique, lui qui était la principale figure médiatique de l’altermondialisme en France.

 

Ce sentiment de retrait, plus que d’essoufflement, de l’altermondialisme tient aussi au fait que les altermondialistes semblent avoir perdu la position dominante qu’ils occupaient dans la critique de la mondialisation et plus largement de l’évolution du système économique mondial, et dans la définition d’une alternative. L’alternative semble être aujourd’hui moins du côté de Porto Alegre ou de Dakar que du côté de Caracas ou de La Paz. Les expériences alternatives menées en Amérique latine par des gouvernements de gauche s’inspirent en effet plus ou moins d’idées et de propositions altermondialistes. Chavez ou Morales sont d’ailleurs des invités réguliers des forums sociaux. Le contraste paraît d’autant plus frappant pour le militant que les forums sociaux, dont l’un des principaux objectifs étaient de définir une alternative à la “mondialisation libérale”, n’ont pas pu jouer ce rôle de façon effective tandis que ces gouvernements latino-américains mettent en oeuvre dès à présent une politique alternative proche de leurs idées et de leurs idéaux. Il en est de même pour la critique du système économique mondial. Celle-ci n’est plus seulement portée par les altermondialistes. Elle l’est de façon plus visible aujourd’hui par ce que l’on pourrait appeler des “insiders”, tels que des économistes comme Joseph Stiglitz ou Paul Krugman, ou des promoteurs de la lutte contre le changement climatique comme Al Gore. Ce sont ces défenseurs d’une sorte de “contestation soft”, à côté d’une “contestation hard” qu’incarneraient les altermondialistes, qui sont plus visibles et audibles aujourd’hui avec la crise économique et financière ou la crise climatique. D’où ce sentiment que les altermondialistes sont là aussi passés au second plan. On pourrait ajouter à cela, mais cela peut être assez polémique, que le “logiciel” altermondialiste, qui date largement des années 1990 et qui est basé sur une critique du néolibéralisme, des Etats-Unis, des entreprises multinationales américaines ou des institutions économiques internationales influencées par Washington, n’est peut-être plus vraiment adapté à la réalité d’aujourd’hui marquée par exemple par la montée en puissance des économies émergentes, en premier lieu la Chine, d’acteurs tels que les fonds souverains ou le G20, etc. etc. Les idées altermondialistes n’en sont pas moins reprises à l’heure actuelle par certains gouvernements. C’est le cas par exemple des priorités de la présidence française du G8 et du G20 avec notamment la volonté exprimée par N. Sarkozy d’instaurer une taxe sur les transactions financières. Cela peut surprendre en effet, compte tenu de ce qui était dit à ce propos dans les années 1990 ou au début des années 2000. Cependant, le contexte est largement différent et donc sans doute plus propice à une vision critique de l’évolution du capitalisme financier. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que des mouvements porteurs d’idées voient celles-ci “récupérées” tout en étant eux-mêmes beaucoup moins visibles. Ce fut en grande partie le cas des mouvements écologistes dans les décennies précédentes.

 

Sigles mentionnés au cours de l’entretien:

- ALENA (Accord de libre-échange nord américain)

- UEM (Union économique et monétaire)

- GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce)

OMC (Organisation mondiale du commerce)

- FSM (Forum social mondial)

CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement)

ONG (organisation non gouvernementale)

- NPA (Nouveau parti anticapitaliste)

- SWP (Socialist Workers Party, GB)

Attac (Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens)

 

 

Ouvrages d’Eddy Fougier sur l’altermondialisme:

L’Altermondialisme, Paris, Collection « Idées reçues », Editions Le Cavalier Bleu, 2008.

Dictionnaire analytique de l’altermondialisme, Paris, Ellipses, 2006.

Le mouvement altermondialiste, Paris, La documentation française, 2004.

Altermondialisme, le nouveau mouvement d’émancipation, Paris, Lignes de reprère, 2004.

 


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Commentaires : 1
  • #1

    Boudineee (mercredi, 14 mars 2012 16:20)

    Mais peut-on parler d'un nouvement social?