Expo: Felix Nussbaum

Musée d’art et d’histoire du judaïsme, jusqu’au 23 janvier 2011

Peindre en situation extrême

 

Le peintre Felix Nussbaum (1904-1944) est né dans une famille de la bourgeoisie juive allemande. Proche d’un père amateur d’art, en particulier de Van Gogh, il fait de brillantes études aux beaux-arts. Il est un jeune peintre brillant et reconnu, influencé par les courants d’avant-garde de son époque. Sa peinture, marquée entre autres par le courant de la Nouvelle objectivité, laisse poindre une personnalité inquiète et angoissée comme le montre par exemple L’autoportrait au torchon.

 

Mais à partir de 1933, le destin personnel rencontre la tragédie de l’histoire: renvoi de l’Académie, exil, errance, dénonciation, internement dans un camp à Saint-cyprien, évasion... A partir de cette époque, la peinture de Nussbaum est marquée par cette expérience d’internement et de traque: Autoportrait au passeport juif où le peintre apparaît le regard hagard et les traits tirés, Autoportrait dans le camp, vision macabre de l’expérience de l’internement dans le camp de Saint-cyprien, La peur, où le peintre représente deux visages terrorisés, le sien et celui de sa nièce adolescente.

 

Après l’évasion, commence la période de vie clandestine à Bruxelles jusqu’à la dénonciation et à sa déportation et celle de sa famille à Auschwitz en 1944, où il meurt. Les derniers tableaux de la période de traque sont marqués par des autoportraits de corps décharnés, habillés d’oripeaux dans le lieu qui leur sert de cache: Juif à la fenêtre, Couple en deuil...

 

L’exposition s’achève sur l’ultime tableau, orchestre de squelettes marqués par la folie et les traces de destruction de tous les symboles de la culture étalés à leurs pieds: Le triomphe de la mort.

 

L’oeuvre de Felix Nussbaum est l’expression picturale d’une expérience humaine au coeur des ténèbres de l’histoire.

 

 

 

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